ACTE PREMIER 2J
ANTOINE, à part.
Ah! on il bien tort de laisser prendre de mauvaises lial)itudes ! (Valoutino s'insl.-illo ;iu piani) et jouo un air do Waf^nor. — Antuino prend un journal sur la tahle et lo parcourt ; après avoir jeté un coup d'œil sur lô journal) Ail !
naturellement.
VALENÏINE.
Quoi?
ANTOINE
. Votre mari a parlé hier, an Conseil Municipal.
VALENTINE
Il a dit une hètise ?
ANTOINE
Qu'est-ce que voulez ([u'il dise? (se tordant.) Ali! non^ celle-là est bonne, par exemple !... Ah ! elle est
bonne. Tenez, écoutez. (Valentlne cesse de jouer, se lève et vient à Antoine. — Lisant.) M. Ducloseau SB levant...
(Parlé.) Non ! il faut que je reprenne plus haut. (Lisant.) Le Préfet de Police : « Nous faisons notre devoir et vous nous menacez de réduire nos crédits ? Eh ! bien soit ! nous attendrons ! Tirez les premiers, messieurs les Conseillers Municipaux ! » — M. Ducloseau se levant : « Nous ne sommes pas à Pavie! » (Pariô.) Pavie ! . . . pour Fontenoy !
VALENTINE
Et il s'est levé pour dire ça ?
ANTOINE, se tordant.
Pavie ! Pourquoi pas Tolbiac ?
VALENTINE
Pavie ! ! !
ANTOINE, lisant le journal.
« Voilà M. Ducloseau célèbre !... Désormais nous
ne l'appellerons plus ({ue M. Pavie !... (Pariô.)Monsienr Pavie ! ... Ça y est I
VALEXTINE.
Monsieur Pavie ! Eli bien, et moi ? Je deviens madame Pavie^ moi ?. ..
ANTOINE
Madame Pavie. oui !
VALENTINE, fnricuse, passant à gaucho.
Madame Pavie ! Et qui sait quand il aura encore confondu quelques batailles, qui sait si on ne m'appellera pas un jour madame Malplaquet ou madame Grécy ?
ANTOINE, se levant et gagnant un peu la droite.
Gomme la purée!... Et voilà l'iioinme pour lequel je musèle!
YALENTINE, allant s'asseoir à gauche de la table et soupirant.
Ah!
ANTOINE, avec force.
Valentine!...
VALENTINE
Mon aini ?
ANTOINE
Nous n'avons plus le droit d'hésiter ! L'histoire de France crie vengeance ! Soyez à moi !
Il remonte vers la table, à droite.
VALENTINE
Etre à deux hommes à la fois, jamais !
ANTOINE
Eh bien, soyez à moi, tout seul I