SCENE III DUCLOSEAU, VALENTINE
DUCLOSEAU, à part.
Deux Henri Martin !
VALENTINE, qui s'est relevée.
Je VOUS cède la place, uionsieiu".
DUGLOSEAU.
Pardon, madame, je vous serais très obligé de la partager avec moi.... Je crois que nous avons à causer.
VALENTINE
Je crois plutôt, monsieur, qu'il serait préférable, pour tous deux, d'éviter nue scène... Je suis nerveuse... très nerveuse.
DUGLOSEAU.
Il ne s'agit pas de scèhe, madame.. Causons tranquillement, voulez-vous?
VAr,i:NTINE, à j.art.
Allons! il était écrit que je ne Téviterais pas. (naiit.) Soit... Je vous demande seuleuu'nl dr mêlais-
A C T E i II 0 1 s I E M E H 1
ser finir cette malle... J'ai télégrapiiié à ma tante Brichotque j'allais m'installer chez elle... et, comme le train part à six heures...
DUGLOSEAU.
Je n'y vois pas irincniivénient.
YALEXTINE.
Je VOUS remercie.
Elle so remet à genoux devant la malle. DUGLOSEAU.
Madame, la politique m'a remlu pliilosoplic... et...
VALENTI.NE
Voulez-vous me passer les mouchoirs (jui sont là?
DUGLOSEAUj passant une pile ilo mouchoirs qui est sur la
table.
Volontiers... Les voici.
V;^LBNTI^•E.
Merci !
DUGLOSEAU, continuant.
La politique m'a donc rendu...
VALEXTIXE, tout en comptant ses mouchoirs.
Philosophe!...
DUGLOSEAU, s'asseyaut à droite de la table.
Oui... Et que vous me trompiez, mon Dieu! la garde républicaine qui veille aux barrières de l'Hôtel de ville n'en défend pas lesconseillers municipaux!... C'est pourquoi je tiens avant tout à rester calme, comme un homme qui n'a rien à se reprocher.
YALEXTINE.
Vous ? Ah ! par exemple ! Vous croyez ça?
DUGLOSEAU.
Comment, si jo crois!
VALENTINE, se levant.
Mais, monsieur, si nous en sommes au point où nous en sommes, apprenez que celui qui a commencé...
DUGLOSEAU, à part.
C'est le lapin !
VALENTINK.
C'est vous !
DUGLOSEAU, au public.
Qu'est-ce que je disais?...
VALENTINE
Si VOUS ne m'aviez pas négligée pour des questions de voirie, d'égout et autres malpropretés de ce genre...
DUGLOSEAU.
Les conseillers ont leurs devoirs.
VALENTINE
Les maris n'en manquent pas non plus !... Enfin, n'est-ce pas? Il est trop tard pour récriminer!... Vous ne m'avez jamais comprise...
DUGLOSEAU.
Soit! Mais, jusqu'à présent, madame, quand un de mes collègues surprenait sa femme en flagrant délit, il ne constatait qu'un simple tête-à-tète... Il faut croire que je suis privilégié^ puisque dans mon cas, il y a une tête de plus !
VALENTINE, secouant nerveusement an petit collet qu'elle va mettre dans sa malle. — .\ part.
Oh ! ce flagrant délit à trois !
DUGLOSEAU.
Je ne vous fais pas l'injure de croire que vous avez deux... Martin!