ACTE TROISIÈME
VALENTINK.
S'il y a ilii nouveau?
GLOTILDE.
Raconte vite !
VAT.KNTINIO.
Mais attnnds que je m'assure d'abord.
EUo va ouvrir la porto par laquelle Ducloscau ost parti ; à ce moment-là^ la porte de droite, pan coupé, s ouvre et l'on voit la tùte do l^uclosoau, souriant d un air malin en voyant le nianègo do sa femme.
DUCLOSEAU, h part.
Non, il est parti!
VALRNTINE, à part.
Enfant, va I
Il disparaît.
GLOTILDE, s'asseyant à droite do la table.
Eh bien ! vous avez trouvé un remplaçant?
VALENTTNE, avec conviction.
Un homme vraiment supérieur !
Elle s'assied à gauche de la table.
GLOTILDE.
Ah! Alors le flagrant délit?...
VALENTINK.
A eu lieu il y a une heure.
GLOTILDE.
Et ton maria fait constater par le commissaire?
VALENTINK.
Oui!
GLOTILDE.
Avec le remplaçant?
VALKXTINE.
Avec les deux ! n
A ce moment on aparçoit Ducloseau qui êcoulo à la poi te de droite.
GLOTILDE.
Gomment, les dei;x? Le vu;oiiite aussi?
VALEXTINE.
Oui, quand il aurait fallu fuir, disparaître, sauter par la fenêtre, M. le vicomte avait sa crampe ! Alors, le commissaire de police a constaté un flagrant délit à trois.
GLOTILDE.
A trois?
VALENTINE
A trois, oui!... De sorte que toutes nos bonnes
amies vont s'imaginer... (se levant et passant à droite.)
Ah! je les entends d'ici : Hein! cette Valentine qui faisait sa prude quand on parlait devant elle d'une femme qui avait un amant! Parbleu! Il lui en fallait deux!...
GLOTILDE, se levant.
Voyons ! Remets-toi !
VALENTINE
Remets-toi, c'est facile à dire... de sang-froid... mais si tu avais passé par où j'ai passé... Ah! je ne sais plus où j'en suis! Enfin, que dis-tu de ça?
GLOTILDE.
Je dis que le plus fâcheux de l'aventure, c'est que le vicomte est devenu ton complice !
VALENTINE
Pas tout à fait! Il a donné un faux nom : Henri Martin.
Elle va s asseoir sur le canap(5.
AGTli; TROrSIKME 131
GLOTILJJK.
Alors, lu peux, encore l'épouser.
VALENTINE, un peu gùnoo.
C'est évident !
ChOTILDK, s'assoyanl à cùtô d'ello, sur le canaiio.
Do quel air tu dis ça?...
VALENTINE
Mais non, je t'assure...
GLOTILDE.
Allons donc ! Tu as quelque chose.
Eh bien oui! Je n'ose pas me l'avouer à moi-même, mais voilà une heure que ju lutte!
GLOTILDE.
Explique-toi, voyons !
VALENTINE
Ah! ma chère, je crois bien que ce n'est plus lui que j'aime!
GLOTILDE.
Hein? Quoi?... Ce serait le remplaçant?
VALENTINE
Je suis sur la pente... et je glisse, je glisse!
GLOTILDE,
Ail! par exemple I'
VALENTINE
Aussi est-ce qu'on va choisir un homme vraiment supérieur?
GLOTILDE.
Le maladroit!...
VALKNTINK.
Dis riiiibccilel... Car enfin, il aurait dû se méfier d'une comparaison... Mais lui ! Ah bien oui !... Il nous donnait des conseils^ ma chère.
GLOTILDE.
Quels conseils?
Pour la yraisemhlancel II m'a forcée de le tutoj^er; il m'a jetée dans ses bras, et il a les bras d'un musclé!... Et j'étais dans un costume!... Les cheveux défaits, le corsage entr'ouvert!... Quant à mon état d'âme, pendant ce petit exercice, tu te fais une idée de ce (|u'il pouvait être!
GLOTILDE.
Valentine!
VALENTINE
C'est-à-dire que si je n'avais pas été ime honnête femme !
DUGLOSEAU, qui écoute toujours, poussant un soupir de soulagement.
Ah!
VALENTINE
... Je crois que cet adultère blanc aurait changé de couleur.
GLOTILDE, de plus en plus étonnée.
Voyons, un homme que tu ne connaissais pas une heure avant?
VALENTINE
C'est vrai, mais il n'a pas tardé à se faire connaître : il soulève des tables à bras tendu, et il ne craint pas de battre une femme !