LIVRE T
)) — Agobar ! s'écrie-t-il , jamais, jusqu'à ce ).) jour , tu n'avais viole tes sermens.
)) A cette voix tendre et suppliante , le » courroux d' Agobar s'apaise. Ses yeux se » tournent vers le guerrier dont l'étrange au- )) dace a détourné ses coups ; c'est Jllaor : et » le jeune Alaor, sans autre art que la magie » de l'innocence, sans autre éloquence que n les grâces naïves du bel âge, seul entre tous » les Musulmans , peut impunément tout j) oser, tout essayer sur Agobar. C'est le vent y) qui chasse la foudre , le bouclier qui sauve » du glaive , une source dans le désert.
» — Qu'on éloigne ce vieillard ! dit sou- » dain le chef des mécréans. Et dans une » salle basse et voûtée du palais je suis en- » chaîné contre une colonne par les satellites » du tyran.
)) Demeuré seul, je me retrace la scène dont » je viens d'être le témoin. Agobar m'est en n partie expliqué , ce vainqueur est un fils des
)) Francs. Un de ses secrets m'est dévoilé ,
» Agobar est un renégat,
)) La porte de ma prison s'ouvre... Alaor » se présente à moi. Aucun turban ne ceignait )) sa tête et ne cachait ses blonds cheveux élé- » gamment bouclés par la nature. 11 était vêtu » de blanc. Un rayon de soleil tombant sur » lui d'une des hautes croisées de la salle , » éclairait ses formes gracieuses. Je crus voir » l'ange de lumière qui brisa les portes du )) cachot de l'apôtre , et j'écoutai sa douce » voix.
» — Barde imprudent î me dit-il , bénis la » Providence qui t'accorda l'inspiration poé- » tique et t'initia aux grands secrets de l'har- » monie. Ton talent rare est incontestable; et » le chef des vrais croyans, esclave de sa » parole , avait d'avance prononcé ta grâce , » en t'adressant ces mots : Je pardonne tout » au génie.
» Si tu tiens à recouvrer ta liberté, main-