‹ Le renégatChapitre 293 sur 334 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

tortures préparées, ni les olîres les plus séduisantes , ni les menaces les plus terribles , n'ébranlèrent un instant son ame.

Athime connaissait les hommes : il eut bientôt jugé le soldat fanatique qui se montrait lier de braver les supplices et de recevoir la mort pour son chef. 11 eut bientôt reconnu l'inutilité de ses efforts pour lui arracher ses secrets ; et le lâche , afin de s'emparer de son ennemi, recourant à l'artifice , ourdit la trame la plus noire.

Alaor, par ordre d' Athime , est jeté dans d'obscurs cachots. Là, on lui lit son arrêt de mort. Attaché nu contre un poteau, il doit mourir percé de flèches , à moins qu'il ne livre Agobar au représentant d'Abdérame.

C'est dans les souterrains d'un château fort nommé Miltaid , entre les Cévennes et Angustura , qu'Aï aor se trouve enfermé. Le guerrier maure qui l'occupe est l'un des plus puissans chefs de l'armée; on le nomme Mo-

hamud : il est à la le te d'une des plus fortes divisions du camp; et son ame est aussi barbare, aussi fourbe que celle d'Athime.

L'ami du fils de Thierri attendait la mort, lorsque Mohamud descend mystérieusement en son cachot. Après mille précautions perfides pour qu'une intelligence entre eux ne soit point soupçonnée , après mille feintes mesures de sûreté y le traître lui adresse ces mots : « — Noble Sarrasin ! ton héroïque fer- » meté , ton sublime dévouement, t'ont ga- » gné mon cœur à jamais. Je t'ai jugé , je » t'ai admiré , et je viens me confier h toi.

» Digne frère d'armes d'un héros! apprends » que je hais Athime autant que toi, que » l'armée l'abhorre , et que tous nos chefs » n'attendent qu'un moment favorable pour » secouer le joug de ce monstre et rappeler )) au pouvoir suprême l'immortel vainqueur >) d'Angustura.

» J'ai sous mes ordres de nombreuses co-

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