‹ Le répertoire national; ou, Recueil de littérature canadienneChapitre 107 sur 190 · UR LES RAVAGES DU GHOLÉSA 1 MONTRÉAL, £K JUIK · texte numérisé non relu

UR LES RAVAGES DU GHOLÉSA 1 MONTRÉAL, £K JUIK

Infortunée Hochelaga,

Digne et tendre objet de nos larmes.

Qui racontera tes alarmes.

Les maux dont le ciel t^abreuva?

Lorsque de toutes parts frappée,

Tu pleure à Fombre des cyprès,

Pourrai-je égaler en regrets

Ta déplorable destinée?

Au sein de la prospérité, ' Tu ne marchais que sur des roses; De fleurs toujours fraîches écloses Ton front paraissait couronné :

Méconnaissable en la 80u£&ance, Autre malheureuse Sion, On demande atgourd^hui ton nom, Et Ton cherche la ressemblance.

Ah! trop malheureuse cité, Dis-moi quelle main meurtrière Couvre d*un voile funéraire Et ton éclat et ta beauté I Telle on voit, au sein de Forage, La foudre couver ses honeurs:

Tels couvûent au fond de nos cueurs Les maux qui désolent ta |ilag|e.

210 UB BÉFERTaiBE NATIONAL.

Séchant de peur devant tes maux.

Ton peiq>lc te ftûté te déserte»

Te livre, à regret, à ta perte, Au flilenoe a£Q!eux des tombeans f Mais humanité sans exemple, Le juste, sans être ébranlé, Pour pleurer ta viduité, Beste à la porte de ton temple!

Eh! que lui sert de s'exiler Au fond des salubres campagnes.

De respirer l'air des montagnes, La fraîcheur d'un obscur rocher? Espoir, inutile ressource.

Le contagieux ouragan Souffle, atteint, frappe le passant.

L'arrête au milieu de sa course.

Dans ces jours d'horreur et de deuil, J'ai TU le fils, j'ai vu le père.

J'ai TU la fille avec la mèil*e.

Les amis se suivre au cercueil!

Sans tombe, leurs titres, leur gloire, Déjft ne se retrouvent plus:

Non, ce n'est que par Içurs vertus Qu'ils vivront dans notre mémoire.

Mais, c'est retracer trop longtemps,

O cité trop infortunée,

Ta désolante destinée,

Le deuil de tous tes habitants;

Pénitente comme Ninive,

Dans la cendre abaissant ton firont,

Tu l'as vu, la contagion

A presque déserté ta rive.

Mais' en s'éloignant de ton sein.

Déjà ses efirayants ravages Vont de rivages en rivages, Désoler le sol canadien.

A la voix des ombres plaintives, , Beau Saint-Laurent, suspends tes I Bs ne baignent que des tombeauit Semés tout le long de tes rives! '

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