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POINTS DE VUE DE LA DESCENTE DE LA MONTAGNE DE MONTRÉAL

Qui n'a point contemplé, dans ses vastes regards, «

Le coup-d'œil enchanteur qui vient, de toutes parts, S'ofinr au voyageur dans la pente facile Du mont majestueux qui domine la ville ?

Fatigué de la route et comme emprisonné Dans le dédale obscur de l'étroit défilé Qui partage en deux parts le cœur de la montagne. L'ennui, pendant longtemps, l'assiège et l'accompagne. Mais à peine sorti de ce sombre sentier.

Que d'objets à ses yeux viennent se déployer I Avec quelle siuprise et quel charme sa vue D'un immense horison embrasse l'étendue !

Ce qui d'abord le fixe et l'attire toujours, C'est le fier Saint-Laurent qui, dans son noble cours, Entre des bords riants, pompeusemet&t promède Les flots toujours coulant de son urne lointaine. Puis des prés verdoyants, des vergers, des bosquets Parsemés de villas, de somptueux palais,

Ymwà^fn\

As eoMie, fl es est «i<in nr tiNM ae ag^ak Pv MO portique ahier, m g im d og rnlowilr

D «emble icnbniiiir de m cooleor ^iiitie Toos le* rimU taMeaux dron horiaoo Uesâtrr.

Teo^ du Toot-Poiaaiit, fl attcate anx icgvdi La i^été d*iiD peuple et k règne des arta.

L* Amérique du Nord n*a rien qui rivaliae, Eo mouumenU pieux, cette auperbe E^iae.

HoDoenr à Montréal, honneur à la cité.

Qui prouTC ainâ aa foi, aa fibéralité !

A dnnte, il eat encore un modeste ermitage.

Que Fœil découvre à peine à traroa le feuillage; Et, lonqne cent palaîa, cheft-d*œuyre de nos arts, Semblent de tous côtés, étaler aux regards L'opulence et le luxe, à la simple nature n emprunte lui seul ses grâces, sa parure.

Asile de bonheur, de paix et de vertu.

Interdits aux enfants d*un siècle corrompu.

Sous ses humbles lambris, il veut que la jeunesse Vienne avec sa fraîcheur respirer la sagesse. Qui peut le contempler ce séjour enchanteur Sans qu*il sente de joie encor battre son cœur, Au souvenir heureux de tant de jouissance Que son sein sut offrir à son adolescence F Ahl qui ne revoit pas sans un plaisir nouveau, Sa plage où le destin a pkcé son berceau?

Et rhumble presbytère et la tour du village Qui le vit tant de fois jouer sous son ombrage, Pourrait-il donc revoir d*un œil indifférent L*asile où s*écoala son âge adolescent F Pourrait-il oublier la douce solitude Qui charma set ennuis et set dégoûts d*étude P

LE RÉFEBTOIBE NATIONAL. 227

Pour moi qui Fai chéri, qui le regrette encor,

L*a8ile qui me fit retrouy» Tàge d*or,

Je ne le vois jamais que je ne me rappelle

De mes premiers printemps Tépoque la plus belle.

Aussi, toutes les fois que je descends le mont

Qui déroule à mes yeux un immense horizon,

Où cent tableaux divers grandissent sur la scène,

Ce qui d*abord me ûxe et sans cesse m*entratne.

Ce n*est pas tant le fleuve avec son noble cours,

La cité florissante avec ses alentours ;

Mais c*est le seul aspect de Taimable retraite

Où le bonheur est pur, FaUégresse parfidte.

Un charme inexprimable a resaisi mon cœur.

Je demeure pensif, je rêve le bonheur....

Et cédant au transport de mon âme attendrie

A cette perspective, aussitôt je m*écrie :

Us sont encor debout ces antiques ormeaux,

Témoins de mes plaisirs, de mes jours les plus beaux!

Quand tout change autour d'eux, seuls ils bravent Forage,

Le temps qui les respecte embellit leur feuillage!

Chacun d*eux me retrace un touchant souvenir,

M'ofire une jouissance et rappelle un plaisir...

Et malgré les revers d'une vie orageuse.

Je revis tout entier à cette époque heureuse.

Là, comme Têlémaque, à leur ombrage assis.

D'un sage précepteur, nouveau Termosiris,

Je recueillais en paix les leçons de sagesse,

Qu'il voulait inculquer à lUa firêle jeunesse.

Ici, de mes amis je goûtais l'entretien ;

Mes peines, mes plaisirs s'épanchaient dans leur sein.

Le temps qui s'est enfui depuis à tire-d'ailes.

Ne les a point changés — ^ils sont toujours fidèles.

Tantôt, me retrouvant sous ces autres noyers.

Avec mes livres seuls, seul avec mes pensers.

J'y variais battrait que donne la lecture.

Du iqpectacle riant de la belle nature.

Je l'avais sous les yeux.... de la cime des monts

Déployant à mes pieds des plaines, des vallons.

Là Cérès balançait ses gerbes ondoyantes

Que redorait Phébus à ses ardeurs brûlantes.

Ici, des moissonneurs abattaient sous leur fiuilx

L'herbe mûre des prés dettioée «oz troupeaux.

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Aîllearsy dans les yergers, présage de rautomoe.

Mûrissait les trésors dont sa main les coBroone.

Abrité de feuillage et foulant les gazons,

L*esprit, le cœur remplis de mille illusions,

Je croyais retrouver les hameaux de Virgile,

Ou rhomme heureux des champs qu'a célébré IMilk,

£n lisant tour à tour les précieux écrits

De ces auteurs rivaux, immortels et diéiis.

Mais pourrai-je oublier aussi qu*à leur ombrage

De Taimable art des vers je fis Tapprentissage ?

Oui I c*est là que j'allai d'Apollon, de ses sœurs,.

Pour la première fois rechercher les âiveurs.

J'avais, pour me guider, de sages, doctes maîtres.

Les inspirations de ces sites champêtres ;

Les uns fidts pour donner l'éveil à tout talent.

Les autres pour en suivre, en éclairer l'élan.

Si depuis, en courant la carrière des lettres^

J'obtins quelque succès, je le dois à ces maîtres ;

Je ne le dois pas moins au séjour enchanteur

Où tout charme les yeux, et l'esprit et le cœur.

O vous, dont la mémoire, après seize ans m'in^ire.

Souffrez donc que pour vous vibre aujourd'hui ma lyre.

Mais quel noir souvenir autour de moi soudain

Erre comme un fantôme, et l'arrache à ma main.

Alors que pour combler ma douce jouissance,

Animé par l'élan de ma reconnaissance.

Je m'en allais pour vous soupirer des accents.

Dignes de vos bienfaits et de mes sentiments f

Hélas ! vous n'êtes plus I et l'heureux ermitage

A toujours la beauté, la frakheur en partage I

Et le deuil n'en a point exilé les oiseaux,

Et ces arbres n'ont point flétri leurs frais rameaux!

C'est que, sans doute, hélas ! c'est votre destinée

D'habiter désormais un plus bel Elysée ;

C'est que dans ce séjour où Ton ne vous voit plus,

De dignes successeurs font briller vos vertus,

Eclater vos talents, et revivre sans cesse

En vous cet art heureux de guider la jeunesse.*.

Et vous, fils d'Apollon, disciples fortunés.

Que ce site bientôt va revoir rassemblés,

Puisqu'il vous est donné d'y respirer enûore.

Ah ! de votre bonheur saches chérir l^niore.

LE BiPERTOmB NATIONAL. 229

Trop tôt, hélas ! trop tôt dans le monde lancés, Peut-être en verrez-vous les beaux jours éclipsés I Dans un lointain trompeur il sourit à votre âge. Mais plus son ciel est beau, plus il cache Forage : Quiconque le connaît, donnerait tous les ans Qu*il coule dans son sein pour un de vos instants. Sachez de votre état goûter les avantages ; Renouvelez d^ardeur, soyez studieux, sages ; Par vos douces vertus peut-être ponrrez-vous Du sort qui vous attend vaincre un jour le courroux.

PlEBBE LâVIOLETTB.

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