LE RETOUR
1 A. N. MORIN, ECUTEB.
Tu viens de la riche Angleterre, Ehf bien, firère, le ciel là bas Est-il descendu sur la terre F Ou bien Thomme y dit-il: hélas!...
En approchant le grand fantôme Au lointain prestige emprunté, Comment 8*effiice chaque atome Du mirage de liberté F
Fantôme accoudé sur sa banque.
Son bras domine TOcéan, Mais ce long cri: le pain nous manque I Est-il le bruit sourd d*un volcan ?
Non, ce grand peuple qui mendie, L^espoir même Ta déserté.
Non, son âme s'est engourdie Tandis qu*il criait: liberté I
Le fier dominateur des ondes Penche-t-il un firont sourcilleux Vers les nations moribondes Qu'écrase son sceptre orgueilleux?
£h ! cioit-il qu'un peuple succombe, Quand, noble, il jure avec fierté D'entrer dans la nuit de la tombe.
Ou de nvir sa liberté ?
Mais Erin, Erin qui soupire, Et qui gémit tant dans ses fers, Erin contre qui tout conspire.
Et qui n*a plus que des hivers:
Le pauvre Erin, il n*a point d*annes Pour servir son bras irrité ?....
Il n*a plus, hélas! que ses larmes Et son cœur pour la liberté.
Toi, dont Vâme est libre et si tendre.
Combien il devait se serrer Ton cœur, quand tu pouvais entendre Presque Erin gémir et pleurer!
Quand tu voyais la main meurtrie De ce grand corps ensanglanté, Chercher encor pour la patrie.
Son Dieu, ses droits, sa liberté!
Oh! comme ton cœur devait battre.
Quand tu vis le vaste atelier
Que les siècles devront abattre,
Mais qui semble les défier!
Là, là se forgent tant de chaînes ;
Là, se perd tant de vérité ;
Là tombent tant d*espoir, de haines
Et tant de cris de : liberté !
Quand ta main soulevant le voile, Dénouait le nœud gordien.
Nous, nous fixâmes notre ét(»le, L*astre du peuple Canadien :
Et Fange à figure connue, Par deux grands aigles supporté.
Planait au-dessus de la nue Pour nous montrer la liberté....
J. E. TUBCOTTE (1).
(1) M. Turcotte actuellement du barreau des Trds Rivières, a été député par le comté de Champlain, en 1841, à rAssembléa Législative. D a successivement rempli les charges de Traducteur des Lois, de Secrétaire de la Commission chargée de Ikire une enquête sur la tenuQt seigneuriale, et de SolUdtenr-GénéraL On Ta privé de ce dernier emploi, lors de la formation du second ministère Lafontaine^Baldwiii»
LE BÉFEBTOIBE NATIONAL. 241