LA SOMNAMBULE
BOMANCE.
Le jour avait fait place aux oi^bres de la nuit,
Un silence profond régnait sur la nature ;
Cet éclat ténébreux que la lune produit
Des champs et des vallons argentait la verdure ; Sur le sommet d*uQ précipice a£Rreux Je vois paraître une forme angélique.
Un ton plaintif, des accents douloureux Me font entendre un chant mélancolique..
" Tout est beau, tout est grand dans ces endroits chéris^ " A goûter le bonheur tout ici nous invite, " Pourquoi retardes-tu, toi pour qui seul je vis ? " Veui-tu donc que je meure?... hélas î je le mérite : ** Un pur amour avait uni nos cœurs, *' Tu m'étais cher, je te fus infidèle ;...
** O tendre ami, pardonnes mes erreurs, " Des cœurs constants je serai le modèle.
" Au bord de ce ruisseau, dans ce bocage frais, ^ Jadis nous partagions nos plaisirs et nos peines, ^ Sous ces arbres touffus avec moi tu pletnrais, " Tu riais avec moi : tu gisais dans mes chaînes ; "Combien de fois je t'ai vu me jurer " Que pour toujours je te serais unie ; " Tu fuis de moi, tu ne veux plus m'aimer, ^
"^ Je suis coupable,... ah ! que je suis punie I
" Peut-être en ce moment, plus heureuse que moi,
" Une autre dans tes bras jouît de sa conquête
" Mais où suîs-je ? que voîs-je ? est-ce un rêve, est-ce toi ?" A ces roots je la vois vers moi pencher la tête.
Un cri perçant frappe soudain les airs,
Elle frémit, chancelle, tombe, expire.
Elle dormait : sur ces rochers déserts
L*avait conduite un amoureux délire.
PlEBRE PBTrrClAIE (*).
'(^) M, Petitclair est né à Q;BLébeCf ^t W % T^d4 iU^roativement an LabndoTf à Québec et dans le dUltlot de Cx«k&^% q^Wt^à^^ «cXm^^si&ss^v
LE BÉPBRTOIBB NATIONAL. 279