RECONNAISSANCE
Volez, ô ma barque légère, Volez I j'ai vu dans ce brillant lointain
La terre libre hospitalière.
Dont la pensée abrégea mon chemin.
(*) M. de Marconnay est français de naissance. Venu en Canada ver& 1833 ou 1834, il rédigea soccessivement La Minerve, Le Populaire et VAmi du Peuple, M. de Marconnay est l'auteur d'une comédie portant le titre de Nina Canadienne; cette comédie a été jouée plusieurs fois sur le théâtre royal de Montréal. Il réside, aujourd'hui, à Paris.
346 LE BéPEBTOIRE NATIOHAI^
Comme la me de U patrie Remplit de joie Tàme do fojagenr!
Port décile, terre chérie, £o TOQS vojraot je revois le bonheur.
L*émigré des terres loiotaines Trouve, dit-oo, sur ton sol protecteur
Foi et vertu, libre de chaiœs Qui liaient là les élaos de son cœur.
Us renaîtront les jours prospères !
tTai vu du port le peuple généreux.
Là j*ai trouvé amis et frères.
Et plein d*amour j*ai dît : je suis heureun !
Amour, tendre reconnaissance Seront à vous jusqu'à mon dernier jour.
Amis, dont la même espérance Doit nous unir au terrestre séjour.
Je redirai longtemps encore Ces nobles cœurs, et ces soins généreux.
Cette bonté qui tant m*boncre.
Les amis vrais qu*on rencontre en ces lieux.
Je redirai, vastes campagnes.
Tous les trésors dont Dieu vous enrichit ;
Je redirai, sombres montagnes.
Les bois, les lacs, dont il vous embellit.
Je redirai ce lieu champêtre.
Ses habitants, son coteau, ses vaUons ;
La maison blanche au pied du cèdre, L*humble chapelle où le soir noas parlons.
Je redirai à la patrie Ce beau pays et son peuple pieux ;
Ces vertus dont Tâme ravie Ne peut trouver de modèles qu'aux cieux.
Je redirai, ô vieille France !
Ces nobles noms émigrés de ton seio,
Qu'aux jours si beaux de ta vaillance L'honneur suivit dans ce pays lointain.
LE RÉPERIOIKE NATIONAL. 347
Vous que la foi rendit mes pères, Apôtres SRints, reeerez mon amour!
Du cœur d'un fi]^ les vœux sincère»
Sont d^imiter vos vertus ehaque jour.
A votre voix entant docile, J'irai semer la parole du Christ ;
J'irai bénir le champ fertile Tant arrosé des sueurs de vo» ftls.
Aimer, bénir toute sa vie Ceux que Jésus^ enfanta sur la Croix,
C'est une part digne d'envie Pour qui Tadore et médite ses lois.
Que le bonheur, terre bénie.
Soit à jamais le prix de ta bonté.
Moi, jusqu'au soir de cette vie, Je redirai ton hospitalité.
A. J. GtNOUET (»).