Scène VIL
COLAS, M. DOLMONT.
M. DOLMONT. Eh bien I Colas, songe&-tu à te préparer pour le départ ?
COLAS. Oui, monsieur, je partirai drès à c't'heure si vous voulez.
M. DOLMONT. Je t'd dit que c'était pour demain, mais qu'as-tu ? tu me parais triste ?
COLAS. Au contraire, monsieur, j'suis ben aise de quitter le pays.
M. DOLMONT. Tu uo le quittcs pas pour toujours; tu reviendras sous trois ans.
COLAS. J'en serais ben fâché, et j'espère que queuqu'bon coup d'fusil
M. DOLMONT. Pcstô 1 commc tu y vas ; tu me parais bien avide de gloire ?
COLAS. Je n'suis point glorieux, monsieur, mais
M. DOLMONT. J'cspèrc bien, moi, qu'il ne t'arrivera aucun accident.
COLAS. Ça m'est égal, monsieur.
M. DOLMONT, (à part). Il a, je crois, quelque chagrin. (hauij Est-ce que tu serais fâché de t'être engagé ?
COLAS. Non, monsieuri j'en suis ben aise à c't'heure^ j'vous assure.
LE BÊPBRTOIRE NATIONAL. 45
H. DOLMOKt. Tant mieux pour toi, mon ami, tu as dû faire tes.réflexions auparavant, ceci n'est pas un jeu d'enfant; tu as voulu servir le roi et tu serviras.
CîOLAS. Oui, je servirons, et si j'suis tué, fiez-vous qu'il y a queuq'z'uns qu'en auront pus d'chagrin qu'moi.
M. DOLMONT, (h part). Je ne sais, mais j'ai des soupçons. (haut) Ob ça ! mon ami, souviens-toi de passer chez moi tantôt, et je te ferai délivrer ce qu'il te faut pour le voyage.
COLAS. Ça su£St, nîonsieur, j 'n'oublierons pas ça.