‹ Le répertoire national; ou, Recueil de littérature canadienneChapitre 31 sur 190 · Scène IX · texte numérisé non relu

Scène IX

COLAS, COLINETTE.

COLINETTE. J'accours pour t'expliquer enfin l'affaire de tantôt : tu sais que je dois partir ce soir avec le BaiUi. COLAS. Hé Uen ï queq'ça m'falt k moV'i

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œLiNETTE. Plus que tu ne penses, car il faut que tu sois du voyage.

COLAS. J'voîs ben qu'tu cherches à te raccommoder, mais j'suis trop fâché pour ça.

COLINETTE. Tant pis pour toi, si tu te fâches mal à propos.

COLAS. Comment, mal à propos ! après ce que j'ons vu et entendu

COLINETTE. Ne vois-tu pas que c'est une plaisanterie que j'ai imaginée pour nous venger de lui ?

COLAS. Hé ben I qu'est-ce que c'est donc ?

COLINETTE. Ticus, voici mou projet : il va venir, il faut que nous allions nous cacher là-bas sous ce feuillage, où il doit me prendre ; aussitôt qu'il sera près de moi fais-lui peur, tu as le bras bon, prends-le moi au collet comme tu ferais à un voleur et ne le lâche pas, en cas qu'il veuille faire résistance ; pendant ce tems-là je me sauverai et ne te mets pas en peine du reste.

COLAS. Queu diantre d'invention ! C'est-t'y ben vrai ce que tu m'dis-là ?

COLINETTE. Tu m'importuncs avec tes questions et ta jalousie. Il y a une heure que je veux t'expliquer cela.

COLAS. Mais enfin c't'argent qui t'avons donné, et que j'ons ben vu aussi ?

COLINETTE. Ticus, le voilà ; serre cette bourse, qui me gêne, tu me la rendras tantôt.

COLAS. Sarpegué, qu'elle est pesante I

COLINETTE. Je vcux la remettre à monsieur Dolmont.

COLAS. Comment ! tout c'complot de tantôt. ?

COLINETTE. N'cst qu'uuc rusc pour le surprendre.

COLAS. Oh ! c'est ben différent I Mais que dira monsieur Dolmont, quand y saura

COLINETTE. C'cst mou affaire, fais seulement ce que je t'ai dit.

COLAS. Ne t'embarrasse pas, va, je l'étrillerai d'une façon

COLINETTE. Que veux4u dire ? ne vas paï t'aviser de...

COLAS. Non, non, seulement qaenqae petites taloches, sans que ça paraisse.

COLINETTE. Prends bien garde, il faut l'arrêter sans te donner le moindre tort.

CîOLAS. Mais où c'que tout ça aboutira ? faudra-t'y pas toujours partir demain pour c'te milice ?

COLINETTE. Nou, j'cspèrc que quand monsieur Dolmont sera informé de tout, il te donnera ton congé.

COLAS. Oh I ma chère Colinette, si ça arrive comme tu dis, tâchons donc d'nous marier ben vite pour finir tout c'train-là.

COLINETTE. Mais, dis-moi, quand nous serons mariés, crois-tu que nous puissions être heureux ? car enfin tu n'as rien, ni moi non plus ; et on dit que la misère engendre souvent les querelles du ménage.

COLAS. La misère I Ohl je n'ia crains point, j'ons des bras pour travailler ; et pour les querelles, va, va, laissemoi faire^ je trouverons ben l'moyen d'ies appaiser.

AIB.

Dans Dot petit ménage, S*il survient queuqu*orage, Ca D*peut durer longtems ; Et malgré la misère, Va, j*aurons bien, ma chère, Encor de bons petits moments.

Ni Por ni la richesse Ne valons la tendresse, Ca n*peut rendre contents.

Même dans la misère, n est encore, ma chère Souvent de bons petits moments.

COLINETTE. Je l'cspère, mais après tout, j'en courrai les risques avec toi.

COLAS. Comme je vas encore plus t'aimer après tout ça ! et que j'aurai de plaisir à nous venger de c'coquin d'BaÙli.

COLINETTE. J'en aurai bien autant que toi ; mais voilà que déjà le soleil est couché; c'est l'heure du t^TV!i\ftx-\<^\SiS^

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qu'il m'a donné, et il ne doit pas tarder.

COLAS. Comment, morgaenne I c'est-tV pas lui qu'on voitlàrbasi regarde.

COLINETTE. OÙCOla?

COLAS. Là-bas, au fond de l'avenue. C'est ben lui que j'vois. Oh ! comme le cœur me bat de plaisir.

COLINETTE. Oui, c'est lui-même ; allons vite nous cacher sous ces arbres toufiîis, et souviens-toi bien de ce que je t'ai dit.

COLAS. Bon, bon, donne-moi la main, tu n'as qu'à me laisser faire. (Il prend la main de Golinetùey et tU oowrent se cacher h Tun des haute du théâtre.)

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