‹ Le répertoire national; ou, Recueil de littérature canadienneChapitre 49 sur 190 · LE JARGON DU BEL-ESPRIT OU L'HOMME- ENFANT · texte numérisé non relu

LE JARGON DU BEL-ESPRIT OU L'HOMME- ENFANT

(inédit.)

Que Demosthènes Leur ton teirible En haranguant, > Ne me plaît pas:

Entraîne Athènes Seul le sensible

Comme un torrent; A des appas.

Que Bourdaloue Que puis-je attendre

Vantant la foi. De ces auteurs?

Du Dieu qu*il loue H &ut du tendre

Prêche la loi ; A nos lecteurs.

(1) M. J. D. Mermet, lÂeutenànt-Capitaine et Adjudant au Bégiment de WateviUe, était venu en Canada en 1813 avec ce Kégiment II a laissé un bon nombre de pièces de vers, écrites et publiées en Canada.

(*) M. Jacques Yiger a eu la bonté de nous laisser extraire ces jolis rers de sa Saberdache, Nous avons à remercier cet a£&ble monsieur de nous avoir donné d'utiles renseignements, dont nous avons profité et doniL nous profiterons encore.

LB HÉPEETOIEB KATIONAL.

D*ane onde pure «Faime le bruit; «Taîme un murmure Qui me séduit:

Ma rhétorique N*a que des fleurs, Et ma logique Hait les fureurs.

«Faime Andromaque Keo plus qu*Hector, Et Télémaque Plus que Mentor.

Je me réserve Les jeux, les ris ; Plus que Minerve J*aîme Eucharis.

J*aime la rime, «Taime le chant; Un rien m*anime, S*il est charmant.

«Taime la lyre Et les neuf sœurs; Surtout, j*admire Les novateurs.

Lyre légère Est du bon ton :

Et je préfère Avec raison A Thucidide Anacréon; Le tendre Ovide Au vieux Platon.

Du bon Virgile J'aime le nom.

J'aime une idylle Plui qu'un sermon, Et le subtile D'une chanson Plus que l'utile De Gicéron.

Quand ma victoire Me litre un cœur,

J'aime la gloire,

Xai de l'honneur.

Aux pieds d'Omphale

Hercule dort.

Et rien n'égalé

Un si beau sort.

L'amour nous presse,

Obéisscms;

Car sans tendresse.

Nous périssons.

J'ai pris Tibulle

Pour mon Solon,

Et de Catulle

Je prends leçon.

Sapho, sans cesse.

Par ses écrits,

Doit sur Lucrèce

Avoir le prix;

Et l'Enéide.

Sans s'abaisser.

Devant Candide

Doit s'éclipser.

L'aimable Horace

Moffiredubeau,

£t, sur sa trace,

J'aime Boileau;

Mais la satire,

Dans ces savans.

Me fiût trop rire

A mes dépens.

Dans Lafontaine

L'homme se voit ;

C*est la fontaine

Où chacun boit.

Ah! quel poète!

Qui l'aurait cru?

Dans une bête

Je me suis vu.

Béte de somme

Est mon portrait;

Mais l'homme est homme,

n a mal Mt.

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