LE NOUVEL AN
CHANSON
Air: Jeunes amants, cueillez des fleurs.
Par mille baisers fratemelfl!, Le jour de Tan est remarquable ; Cette affection des mortels Est-elle fausse ou véritable?...
Mais à quKÂ boD, sensés lecteurs, Nous donner cette inquiétude ; U faudrait lire au fond des cceurs^ Pour en avoir la certitude.
L*un vous souhaite la santé, Et Tautre un très long cours de vie ; Celui-ci la prospérité D'aucun revers jamais suivie.
Pour nous, sans vouloir censurer Cette antique et charmante mode, Qu*on nous pertnette de tracer, Et de suivre une autre métbode.
174 LE BÉPERTOIBB NATIONAL.
Dans ce jour célèbre à jamais, Malgré que Tun ou Tautre dise, Voici donc quels sont nos souhaits :
Nous souhaitons avec franchise, Aux magistrats, Tintégrité ; Aux foux plaideurs, la patience ; Aux huissiers, de Thonnêteté, Et aux notaires, la science.
Aux greffiers, plus d^humanité ; Aux auteurs, plus de modestie ; Aux marchands, plus de vérité ; Aux prudes, moins d* afféterie ; Aux ignorants, Tinstruction ; Aux gazetiers, moins de mensonges ; Aux savants, moins de prétention ; Aux lunatiques, moins de songes. ^
Aux grands, beaucoup moins de fierté ; Aux avocats, plus de franchise ; Aux docteurs, plus d*aménité ; Aux maris, moins de convoitise ; Aux femmes, la fidélité ; Aux jeunes filles, Finnocence ; Aux vieilles, la tranquillité ; Aux jeunes gens, la tempérance.
Aux débiteurs, un doux repos ; Aux créanciers, moins de rudesse, Aux libertins, le corps dispos ; Aux avares, plus de largesse ; Enfin, aux ministres de paix, La tolérance, sans rancune.
Voilà quels sont tous nos souhaits, Ah ! puissent-ils faire fortune t