GRAZIELLA
. , as 2 a Mais pourquoi m'entraîner vers ces scènes passées ? Laissez le vent gémir et le flot murmurer ; Revenez, revenez, à mes tristes pensées ;
Je veux rêver et non pleurer [ (LAMARTINE, Graztella.)
Elle était belle, elle était douce ;
Elle s'asseyait sur la mousse
Au temps où les grands arbres verts Laissent leurs feuilles dentelées Tomber sur le gazon, mêlées
Aux pauvres fleurs des champs déserts !
Quinze ans avaient jeté sur son charmant visage Cette virginale pâleur
Que la main du désir laisse sur son passage
Ou que la volupté met sur un front rêveur |
Ses beaux yeux avaient pris la teinte Des couleurs dont se trouve empreinte La mer au vaste horizon bleu ;
Sa chevelure épaisse et noire S’enroulait sur son cou d'ivoire, Chaste de tout baiser de feu !
Ses dents, que laissait voir sa lèvre carminée, Étaient d’un nacre éblouissant ;
Sous le tissu bruni de sa peau satinée
L'œil, dans la veine ardente, apercevait le sang !
Où trouver voix plus cristalline, Plus suave haieine enfantine,
Plus frais sourire, chant plus doux ?
Où trouver forme plus suave ?
Dites : je me fais son esclave,
Et je l'adore à deux genoux !
IT
Dans leurs rayonnements les âmes se confondent : L'amour est si pur à quinze ans |
Les soupirs contenus bondissent, se répondent ;
Le premier des aveux comble deux cœurs aimants !
D ana cat Sr M