À MES COMPATRIOTES
Ai: Te souviens-tu, disait un Capitaine.
Chaque pays, dit-on, a son Génie,
Qui le protège et veille à son bonheur; Un jour celui de ma belle patrie M'apparaïissant me remplit de frayeur;
‘ Calme, dit-il, l'effroi qui te domine,
‘ Je suis l'ami du peuple Canadien;
‘ J'ai craint de voir la discorde intestine ‘ Contre son frère armer le citoyen.
Vrais Canadiens, la sombre jalousie
“ Ne convient pas à vos cœurs généreux;
“ Prêtez l'oreille aux vœux de la patrie,
“ Et vous vaincrez vos ennemis nombreux.
“ Si vos efforts sont combinés ensemble,
‘ De longs succès vous les verrez bénis;
‘ Qu'un même esprit à jamais vous rassemble!
“ Pour être heureux, soyez toujours unis.
“ Rappelez-vous votre source première,
‘ Rappelez-vous de qui vous êtes nés;
“ Fils des Français, voyez l'Europe entière ‘ Suivre l'exemple offert par vos ainés.
“ Lorsque la voix du pays vous réclame, ‘ De vains débats doivent être finis!
“ Que désormais son amour vous enflamme!
“ Pour être heureux soyez toujours unis.”
Il avait dit et dans l’air il s'élance,
Par ses conseils soyons encouragés;
Et méritons par notre obéissance,
Les beaux succès qui nous sont présagés.
Si nous suivons du bienveillant Génie, Les bons avis, le triomphe est certain!
Plus de discords: Amour de la patrie!
Rallions-nous et donnons-nous la main.
UN CANADIEN