ETTE
Et réunis dans le sein du plaisir, N'ayons qu'un cœur pour savoir en jouir!
Rappelons-nous comme autrefois nos pères, Avec transport, saluaient ce beau jour ; Ils devenaient tous amis et tous frères, L'aimable paix habitait leur séjour.
Les jeux, les ris, les grâces,
S'enchaînaient sur leurs traces ; Ils célébraient, dans leur joyeux élan, L'heureux retour du premier jour de jan.
Qu'ils étaient beaux, hélas! ces temps antiques, Temps de vertus et de félicité !
Dissentions, querelles politiques Ne venaient point refroidir la gaité.
Etre à leur Dieu fidèles,
Au roi, comme à leurs belles :
C’est le motto qu’avaient pris nos ayeux, Ils y trouvaient le secret d’être heureux.
Ce jour du moins imitons leur exemple, Faisons revivre encor le bon vieux temps !
Dans nos foyers transformés en un temple, Sacrifions aux plus doux sentiments!
Mais que sous son égide,
La sagesse nous guide... Faite pour plaire à l’esprit comme au cœur, Elle ne prend des plaisirs que la fleur.
Mais quel penser trouble soudain nos fêtes, Et nous arrache à nos joyeux ébats ?
La foudre gronde au-dessus de nos têtes, La terre tremble et gémit sous nos pas...
Plus de paix, d'harmonie, Dans ma pauvre patrie!
Quand des vautours lui déchirent le sein, Comment ne pas trembler pour son destin ?
Faible roseau battu par la tourmente Qui va partout briser les nations, Laisseras-tu ta tête chancelante Fléchir, tomber aux vents des factions ?
Non! non! brave l'orage!
Ranime ton courage | Ton front flétri ne succombera pas :
Vois Albion l’appuyer de son bras!
Mais bannissons des souvenirs funèbres, Autour de nous ils ramènent la nuit, Que l'horizon, désormais’sans ténèbres, Fixe nos yeux sur le iour qui nous luit !
Aïmons notre patrie, Que la paix, l'harmonie, De ce beau jour signale les transports, Et le bonheur restera sur nos bords.
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