‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 3)Chapitre 188 sur 212 · TRISTESSE · texte numérisé non relu

TRISTESSE

Seul bien que j'envie, Amour! douce erreur!

Viens, ma triste vie S'éteint de langueur.

O coupe d'ivresse, Pourquoi te tarir ?

O fleur de jeunesse, ‘Pourquoi te flétrir ?

Une fièvre ardente Consume mes os:

Chacun se tourmente Pour changer de maux, On suit sa chimère

On fait des projets...

Et bientôt la terre Les couvre à jamais.

Comme un flot se brise Aux rochers du bord Ma vigueur s'épuise

A vaincre le sort.

Mal qui me possèdes, Abrége tou cours!

Combien tu m'obsèdes, O fardeau des jours!

Seul parmi la foule

Je m'en vais révant, Et sans but je roule Au pouvoir du vent.

J'offre, en ma détresse, J'offre à tous la main,

Mais nul ne la presse ; Ils vont leur chemin...

O mélancolie Qui partout me suit Vois, mon âme se plie Aux faix des ennuis!

Chaque doux prestige A fui devant toi:

Monde où tout m'afflige Que veux-tu de moi?

La joie est donnée A nos jeunes ans.

La vie et l’année N'ont qu’un seul printemps.

Malheur à qui chasse

Les tendres plaisirs; L'hiver bientôt glace

Et fleurs et désirs...

Je vis une rose Au déclin du jour;

Que ma main t'arrose, Dis-je, à fleur d'amour!

Pour qu'elle te cueille Demain sans retard;

Je vins... mais sa feuille

Volait au hasard.

N. Aumin.

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