‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 3)Chapitre 52 sur 212 · FES · texte numérisé non relu

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lei je vois Codrus mourir pour le salut de son peuple, et cette mort m’apprend combien il est beau de se sacrifier pour sa patrie. Là c’est le malheureux Enée qui fuit sa patrie réduite en cendres ; il tient le jeune Ascagne par la main, prend sur ses épaules ses dieux pénates et le vieux Anchise, puis jetant un regard attendri sur les ruines de son pays, qu’il abandonne, il semble se consoler de ses infortunes par la vue des précieux dépôts dont il est chargé. Ici, lecteur, tu es touché d° sa piété envers les dieux, de son respect pour son père et de sa tendresse pour son fils.

Tantôt c’est un prince aimable qui va pleurer sur la

* tombe et honorer les cendres de l’auteur de ses jours, il se

prosterne, son cœur s'ouvre à la tristesse, ses sanglots le suffoquent, il expire victime de sa tendresse filiale. On

admire et on plaint le sort de cet aimable prince ; mais on » s'attendrit lorsque l’on voit Pythias disputer à Damon la “triste prérogative de donner ses jours pour conserver les

siens. La constestation fut touchante, le tyran (Denis) en fut témoin, et il ne put résister à tant de vertu: il se précipite de son trône, vole dans leurs bras, les embrasse et les renvoye en enviant leur sort.

Que de regrets on mêle aux pleurs d'Artémise, qui consacre l'amour conjugal, en recevant dans son sein la froide cendre de son malheureux époux! Que ce mausolée jui semble glorieux !

Mais continuons de puiser des leçons dans l’histoire. Paraissez, 6 habitants de l'Isle de Côs, apprenez-nous à aimer la pudeur. Pranitèle vous avait présenté deux

® statues de Vénus, dont l’une était bien inférieure à l'autre

en beauté; vous la préférâtes néanmoins, parce qu’elle était modsstement voilée, pour la placer à Cnide dans le temple

… de cette déesse. Et vous, chastes romaines, prenez un deuil

général à la mort du premier Brutus; vous le pleurâtes un

an, comme le vengeur de votre pudicité, par l'éclatant chtiment qu’il avait infligé À Tarquin le meurtrier de Lucrèce.

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J'admire votre conduite, et elle m'est une leçon que je n’oublicrai jamais.

Ici c’est un général romain, qui dédaigne la victoire, que lui promet la mort de son ennemi empoisonré. Il chasse avec mépris le vil médecin qui a eu la témrité de lui en faire la proposition, et recommande à Pyrlus de mieux choisir ceux en qui il met sa confiance. Queile générosité! que ne méritait-elle pas, et quelle fut sa récompense? La à natu victoire, et une victoire que toutes les armées romaines : M! int n'auraient peut-être pu remporter. Le roi d’Epire, admi-

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rant tant de délicatesse et de franchise, ne put se résoudre M not, à continuer la guerre avec un peuple conduit par un héros "ct a

qui lui avait conservé la vie. LL icur

Il est vrai que l’histoire, qui nous conserve le souveni # des actions louables, ne laisse pas dans oubli les vicieuses. Mais ceci, loin d'être une objection aux avantages de l’his-

toire, ne fait que les confirmer. Le contraste, qui résulte diffé de leur comparaison, nous fait mieux sentir leur différence. qui f En admirant les unes, on a les autres en horreur, et la tous réflexion vient achever de fixer notre choix. Car quel est ces ( celui qui n’apercevra pas quelle distance existe entre Néron qu?0 faisant les délices du peuple romain, et ce même Neron Nous mourant détesté de Punivers pour ses crimes et ses cruau- toire tés ? entre Epaminondas qui respectait la vérité jusqu'à qu'o n'oser mentir par amusement, et Lysandre qui disait qu'oi "S mett la peau du lion ne peut atteindre, il faut y coudre la pear 8 T du renard? N’en doutons point, la vertu se fait toujours dis- : MN l'étu tinguer du vice, on applaudit à la modeste retenue de à man

Scipion, qui remet à son amant une jeune beauté que le: soldats lui amenèrent, pendant qu’on voit toujours d’ur mauvais œil les excès qui se commettent dans les villes emportées d'assaut.

C’est ainsi que l’histoire par ses bons ou mauvais exem- # ples contribue également à nous rendre meilleurs. Ajoutons à ces avantages celui de récréer l'esprit, de rendre les

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Il chasse de lui en de mieux énérosité' nse? La

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Ajoutons endre les

" hiommes plus propres à intéresser dans les différens cercles

: où la société les rassemble, et où les connaissances agréables

Let littéraires décident l'opinion du bon sens sur le mérite de ceux qui briguent ses faveurs ; et il sera alors évident que

"l'étude du passé nous est recommandée par une foule d'avantages

incomparables. Celle du présent n’est pas

À moins utile. (C’est par elle que l’on apprend ce qui se d passe dans les différentes parties du globe: par elle on | ÿ à connaît les divers gouvernemens qui existent, l’étendue et la À nature de leurs territoires, leurs revenus, ns commerce, les “ intérêts réciproques des nations, les passions de ceux qui “les gouvernent, les guerres qu'ils entreprennent. En un * mot, elle fait l'office d’un tableau où l’on verrait représenter d et agir tous les habitants de la terre. La multiplicité de “0 leurs opinions et de leurs intérêts, la différence de leur “cine ation, qui rend les hommes si dissémblablés, tout cela “et plusieurs autres causes contribueraient à former une espèce de chaos politique, dont chaque spectateur jugerait différemment. Chacun s’efforcerait de pénétrer les motifs qui font agir telles ou telles nations de telle ou telle manière ; tous ou presque tous donneraient leur opinion sur l'issue de ces diverses entreprises, et il en résulterait proprement ce qu'on appelle la politique. Si on lunit à l’histoire du passé, nous aurons la véritable base de ce que nous appelons Phistoire de l'avenir, Car la première en nous apprenant ce qu'ont été les hommes, la seconde ce qi'ils sont,

- mettent de prévoir ce qu'iis seront dans la suite,

Tels sont les principaux avantages qui résultent de l'étude de l’histoire en général, et lui servent de recommandation. Il y en a d’autres qui doivent nous faire aimer plus particulièrement celle de notre pays. Nous allons dire les principaux.

Le premier est le plaisir qu'on éprouve à lire le récit de ce qui s’est passé ou se passe dans le pays que l’on habite et où l’on à pris naissance. Quel vif intérêt n’excite pas en nous le détail des évènements où nos ancûtres jouaient le

nous per-

premier rôle, et où leur bonne ou mauvaise conduite décidait souvent des bons et mauvais succès? Quel Canadien n’apprendra avec plaisir la glorieuse défense qui fit échouer, en 1775, l’entreprise de nos ennemis et les obligea de rebrousser chemin ?

Une autre raison qui doit porter à étudier l’histoire de son pays, c’est que sans en avoir au moins une médiocre connaissance, personne ne peut prétendre avoir une éducation complète. Il y a longtemps que l’on a dit: sans posséder sa langue maternelle, on ne peut se flatter d’avoir acquis une éducation libérale. Comment donc celui qui ignore l’histoire de son pays, pourra-t-il se vanter de la posséder! Convenonsen, il importe À tout citoyen de savoir l’histoire de sa patrie, et nous devons en conséquence faire tous nos efforts pour acquérir une connaissance aussi utile.

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LE PETIT MOT POUR RiRE.

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