LA VICTOIRE DE CHATEAUGUAY
La trompette a sonné : l'éciair luit, l’airaïn gronde ; Salaberry (1) paraît, la valeur le seconde, Et trois cents Canadiens qui marchent sur ses pas,
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(1) L'Honorable Charles Michel Yrongeberry de Salaberry, Compagnon du Très Honorable Ordre Militaire du Bain, Membre du Conseil Législatif du Bas-Canada, Lieutenant des Voltigeurs Canadiens, décoré de la médaille de Chateauguay, Lieutenant-Colonel de Milice et Seigneur de Beaulieu, fils de l’Honorable Louis de Salaberry, Officier de mérite au
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Comme lui, d'un air gai, vont braver le trépas. Huit mille Américains s'avancent d'un air sombre ; Hampton, leur chef, en vain veut compter sur leur nombre. C'est un nuage affreux qui paraît s'épaissir, Mais que le fer de Mars doit bientôt éclaircir. Le Héros Canadien, calme quand l'airain tonne, Vaillant quand il combat, prudent quand il ordonne, A placé ses guerriers, observé son rival :
Il a saisi l'instant, et donné le signal.
Sur le nuage épais qui contre lui s'avance, Aussi prompt que l'éclair, le Canadien s'élance… Le grand nombre l'arrête...il ne recule pas ; Il offre sa prière à l'ange des combats ; Implore du Très-Iaut le secours invisible ; Remplit tous ses devoirs et se croit invincible. Les ennemis confus poussent des hurlemens ; Le chef et les soldats font de faux mouvemens. Salaberry qui voit que son rival hésite, Dans la horde nombreuse a lancé son élite :
service britannique dans la Révolution américaine, et qui se distingua particulièrement par sa bravoure à la prise du Fort St. Jean, naquit à Beauport, près de Québec, le 19 Novembre, 1778. Il entra jeune dans l'armée anglaise, avec ses trois frères, dont l’un fut tué au siége de Badajoz. le second à Salamanque, et le troisième mourut à la suite des fatigues endurées pendant une longue marche: il se trouva à l'expédition de Walcheren, et servit ensuite dans la guerre de la Péninsule, où il obtint le rang de Capitaine. Il revint de là en Canada, comme aide-de-camp du Général Rottenburg, et fut peu de temps après nommé Major des Voltigeurs Cana. diens: il se distingua éminemment en repoussant 8000 américains avec seulement trois cents hommes, près de Chatcaugray, le 26 Octobre, 1813. Le Major de Salaberry reçut pour ce service les remerciments des deux Chambres du Parlement Provincial, par le canal de leurs Présidents, et fut recommandé par Son Excellence Sir George Provost à George IV, alors Prince Régent, de qui il reçut une lettre de remerciments écrite de sa propre main, et fut subséquemment promu au grade de Lieutenant-Colonel des Voltigeurs. En conséquence de cette action célèbre, le Prince Régent fit frapper une médaille d'or, et conféra à la milice incorporée le privilége de porter des drapeaux.
L’Honorable C. M. de Salaberry avait épousé Mademoiselle de Rouville, fille de l’'Honorable Colonel J, B. M. H. de Rouville, Membre du Conseil Législatif, M. de Salaberry est mort à Chambly, le 27 Février, 1829, d’une attaque d’apoplexie dont il avait été atteint le soir précédent, à l’âge de 50 ans.
Le nuage s'entr'ouvre ; il en sort mille éclairs ; La foudre et ses éclairs se perdent dans les airs. Du pâle Américain la honte se déploie :
Les Canadiens vainqueurs jettent des cris de joie ; Leur intrépide chef enchaîne le succès, Et tout l'espoir d'Hampton s’enfuit dans les forêts. Oui! généreux soldats, votre valeur enchante : La patrie envers vous sera reconnaissante.
Qu'une main libérale, unie au sentiment En gravant ce qui suit, vous offre un monument : “ Ici les Canadiens se couvrirent de gloire ; “Oui! trois cents sur huit mille obtinrent la victoire. “ Leur constante union fut un rempart d’airain “ Qui repoussa les traits du fier Américain.
“ Passant, admire-les......Ces rivages tranquilles Ont été défendus comme les Thermopyles; “ Ici Léonidas et ses trois cents guerriers, “ Reviorent parmi nous cueillir d'autres lauriers ” J. D. Menmer (:).
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ks des deux Entraîne Athènes Seul le sensible dents, etfut Comme un torrent; A des appas.
Le IV, alors + Que Bourdaloue Que puis-je attendre desapropre li Vantant la foi, De ces auteurs? Colonel des Du Dieu qu’il loue Il faut du tendre
Régent fit Prêche la loi; A nos lecteurs.
rivilége de —————————————— | (1) M. J. D. Mermet, Lieutenant-Capitaine et Adjudant au Régiment de Wateville, était venu en Canada en 1813 avec ce Régiment. Il a laissé un bon nombre de pièces de vers, écrites et publiées en Canada.
(*) M. Jacques Viger a eu la bonté de nous laisser extraire ces jolis vers de sa Saberdache. Nous avons à remercier cet affable monsieur de nous avoir donné d’utiles renseignements, dont nous avons profité et dont nous profiterons encore.
de Rouville, du Conseil vrier, 1829, ent, à l’âge
D'une onde pure J'aime le bruit; J'aime un murmure Qui me séduit:
Ma rhétorique
N'a que des fleurs, Et ma logique Hait les fureurs, J'aime Andromaque Bien plus qu'Hector, Et Télémaque Plus que Mentor.
Je me réserve
Les jeux, les ris ; Plus que Minerve J'aime Eucharis.
J'aime la rime, J'aime le chant; Un rien m'anime, S'il est charmant.
J'aime la lyre
Et les neuf sœurs; Surtcut, j'admire Les novateurs.
Lyre légère
Est du bon ton:
Et je préfère
Avec raison
A Thucidide Anacréon;
Le tendre Ovide Au vieux Platon.
Du bon Virgile J'aime le nom.
J'aime une idylle Plus qu’un sermon, Et le subtile D'une chanson Plus que l'utile De Cicéron.
Quand ma victoire Me livre un cœur,
J'aime la gloire, J'ai de l'honneur.
Aux pieds d'Omphale Hercule dort,
Et rien n'égale Un si beau sort.
L'amour nous presse, Obéissons ;
Car sans tendresse, Nous pé:issons.
J'ai pris Tibulle Pour mon Solon, Et de Catulle
Je prends leçon.
Sapho, sans cesse, Par ses écrits, Doit sur Lucrèce Avoir le prix;
Et l'Enéide,
Sans s'abaisser, Devant Candide Doit s’éclipser.
L'aimable Horace M'offre du beau, Et, sur sa trace, J'aime Boileau ; Mais la satire, Dans ces savans, Me fait trop rire A mes dépens.
Dans Lafontaine L'homme se voit ; C'est la fontaine Où chacun bait, Ah! quel poète!
Qui l'aurait cru?
Dans une bête
Je me suis vu.
Bête de somme Est mon portrait;
Mais l’homme est homme,
Il a mal fait.
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J'aime Molière; Mais ce plaisant Est trop sincère
En nous raillant..….…
Comme il critique!
Comme il nous vend!
Comme il nous pique!
Comme il nous rend!
Le vieux Socrate Est à railler;
Sa prose plate
Fait trop bailler.
Et quand Homère Chante Illion, Pour moi sa guerre N'est qu'un dit-on.
Je me soucie
Peu des héros; J'aime la vie,
Et Je repos.
Adieu l'épée, Adieu l'honneur!
Quand la poupée Fait le bonheur.
Le sang ne souille Que l'inhumain, Et la quenouille Plaît à ma main.
Newton, Descartes, Klopstock, Milton, Ornent mes cartes
De leur grand nom:
Sans les connaître, Je connais tout; Et je suis maître En fait de goût.
Enfin pour dire Ce qu'on m'’apprit, Rien ne m'attire Qu'un bel-esprit.
De l'agréable
Il est l'appui; Aime l’aimable, N'aime que lui; Sait se distraire Lorsqu'il écrit,
Et se complaire Dans ce qu'il dit.
Parler sans cesse Sans réfléchir, Pour l'allégresse Se rajeunir;
À son idée
Vivre au hasard;....… C'est de Médée Posséder l'art.
Vouloir s'instruire N'est plus un bien, On aime à rire,
On aime un rien.
On incommode
Si l'on est grand :
L'homme à la mode Est l'homme-enfant.
J. D. MrRMar.
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