LE RÉPERTOIRE NA MONAL
trouve le prince des démons dans son lit de flammes, son discours à Belzébuth est assurément de la plus swande beauté; mais en même temps il est directement combraire, en plusieurs endroits, aux maximes de la théologie et de la métaphysique. L'on trouve même de temps à autre, des traits d'impiété que nous sommes portés à attribuer plutôt à un défaut de jugement qu’à une dépravation de principes. Tels sont les vers suivants :
In dubious battle, on the plains of heaven, And shook bis throne. What though the field be lost ! AIR TE NOË TO ss sanrescasssnnissncresesisesercnse et Who from the terror of this arm so late, Doubted his empire...
L'on pourrait prétendre que ce langage est bien adapté à la situation et aux sentiments naturels à un démon: mais l'on peut répondre qu’un démon doit dire la vérité, parce qu’il ne peut avoir aucun intérêt à la déguiser. Or, le diable connaissait toute la puissance de Dieu et son immutabilité. Ces impiétés ne convenaient donc pas à un démon qui parlait à un autre démon aussi savant que lui sur la nature de l’Etre suprême. La réponse de Belzébuth donne sans doute beaucoup de mérite à l’auteur, ainsi que la réplique de Satan; mais nous en allons citer quelques vers, en remarquant ce qu'il y a de contradictoire :
sos endangered heaven's perpetual king, And put to proof his high supremacy.
Ces vers contredisent plusieurs des pensées ci-dessus, sans compter l’impiété qu’ils respirent. Même remarque au sujet des vers suivants :
siennes libanais and distrest His inmost counsel from their destined aim.
L'on nous donne à entendre plus haut que les anges ré-
peut faire croire que Satan n’a pu projeter des promenades avec Belzébuth et plusieurs autres, sans s'être dégagé de ses liens, après des efforts considérables.
Ce qui vient ensuite, jusqu’à un autre discours de Satan, frappe l’imagination par les sublimes pensées qui y abondent. Mais il est fâcheux que l’on ait à remarquer que les comparaisons des démons avec les Titans et les baleines rabaissent, plutôt que d'élever tout ce que nous dit Milton de la force, de la puissance et de la grandeur des anges révoltés. Car enfin la grandeur des Titans et de la baleine est à la portée de l’esprit humain, et le poète nous donne à entendre, en plusieurs endroits de son ouvrage, qu’elle surpasse l’idée que l’on en peut concevoir. Le poète se trompe dans les vers suivants, en prêtant À un démon une pensée qui ne peut convenir à sa nature :
Both glorying to have escaped the Stygean flood, As gods ; and by their own recover'd strength, Not by sufferance of supernal power.
Le discours de Satan ne renferme guère que des pensées vagues et nullement appuyées par sa situation présente. Il y à pourtant dans le commencement de ce discours plusieurs élans d'imagination sublimes, et les vers qui les contiennent sont pleins d'harmonie imitative.
La réponse que lui fait Belzébuth renferme l’expression la plus énergique de sentiments diaboliques. Le poète reprend son récit avec ce ton élevé qui lui est particulier. Mais qu'il est afiigeant pour ses admirateurs de voir la comparaison des Egyptiens, qui se voient avec les rois des enfers étendus dans leurs lits brûlants! Satan parle ensuite avec beaucoup de force, surtout dans le dernier vers :
Avwake, arise, or be for ever fallen.
Aussi ces paroles produisent-elles leffet qu’on doit en attendre. Au commencement de la reprise du récit, l’on voit une comparaison dont l’idée prête d’autant plus à rire,
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que les vers en sont exacts et harmonieux. Ce sont les démons qu’on assimile aux hommes du guet, qui se réveillent en sursaut, au cri d'alarme :
They heard, and were abashed and up they sprung Upon the wing, as when men want to watch,
On duty sleeping, found by whom they dread, Rouse and bestir themselves, are well awake.
Suit une autre comparaison de même nature :
nee en een essence roses as when the potent rod Of Amram's son in Egypt's evil day,
Wav'd round the coast, up call'd a pitch cloud Of locusts.............…. se sonnesnoenen 0
Vient ensuite je ne sais quoi de Moloch, d’Ammonites, de Basan, de Moab, de Gomorre, d'Hébreux, de Josué, d’un sens très obscur. Milton suppose des diablesses avec les diables, quoique la révélation et la théologie ne nous enseignent pas qu’il y ait eu des anges féminins dans le ciel. Dans cette incertitude, il faut supposer, à tout hasard, que les démones étaient déjà dans l'enfer avant l’arrivée de leurs compagnons. C’eût été sans doute une chose digne de curiosité que de voir leur première entrevue.
Milton, après le nom de chaque démon, nous donne l’histoire des superstitions du pays où ce démon a régné. Ce sont autant d'épisodes qui nous font perdre le fil du récit poétique, au lieu de l’animer, en le variant.
Le poète fait une longue énumération de cors, de timbales, d'enseignes impériales, de drapeaux, d’armoiries, de casques, de dards, de boucliers et de flûtes. Ensuite l’armée démoniaque se range, et elle est disposée à faire toutes les évolutions militaires. Satan leur fait une harangue magnifique, mais où l’on trouve encore quelques impiétés. Elle finit par ces beaux vers :
énidianidanése til ae War then war, Open or understood, must be resolved.
Ce discours enflamme les anges rebelles d’un esprit séditieux : et, sans dire pourquoi un détachement part, Mammon, qu'on prétend avoir été avare jusque dans les cieux, le commande. Ils vont excaver de l’or d’une montagne ; et, chimistes éminents, ils préparent dans des creusets l'or qu’ils fondent, pour le faire couler dans des moules qui se trouvent là tout exprès. Un orchestre de diables exécute une symphonie d’une douceur toute diabolique, dont la belle ordonnance fait que les matériaux s’édifient d’eux-mêmes. Mais rien de plus surprenant que l'architecture moderne usitée en enfer, longtemps avant son invention dans le monde! Certes, un tel édifice pourrait bien inspirer de la jalousie à la tour de Babel et aux pyramides d'Egypte, si elles en étaient susceptibles. Suit la description de l’intérieur du palais auquel on donne le nom de Pandémonium. Les pairs de Satan s’assemblent en conseil, solennel dans le vestibule de ce palais. (Pourquoi n’y a-t-il pas une
chambre des communes, puisqu'il y a une chambre des lords?) Par l’ordre de Satan, la populace des démons devient pygmée, et les pairs assis sur des siéges d’or vont commencer les débats.