‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 3)Chapitre 90 sur 212 · LE NOUVEL AN · texte numérisé non relu

LE NOUVEL AN

CHANSON

Air: Jeunes amants, cueillez des fleurs.

Par mille baisers fraternels, Le jour de l’an est remarquable ; Cette affection des mortels Est-elle fausse ou véritable ?..

Mais à quoi bon, sensés lecteurs, Nous donner cette inquiétude ; Il faudrait lire au fond des cœurs, Pour en avoir la certitude.

L'un vous souhaite la santé,

Et l’autre un très long cours de vie; Celui-ci la prospérité

D'aucun revers jamais suivie.

Pour nous, sans vouloir censurer Cette antique et charmante mode, Qu'on nous permette de tracer,

Et de suivre une autre méthode.

Dans ce jour célèbre à jamais, Malgré que l'un ou l'autre dise, Voici donc quels sont nos souhaits :

Nous souhaitons avec franchise, Aux magistrats, l'intégrité ;

Aux foux plaideurs, la patience ; Aux huissiers, de l'honnêteté,

Et aux notaires, la science,

Aux greffiers, plus d'humanité ;

Aux auteurs, plus de modestie ; Aux marchands, plus de vérité ; Aux prudes, moins d'afféterie ;

Aux ignorants, l'instruction ;

Aux gazetiers, moins de mensonges ; Aux savants, moins de prétention ; Aux lunatiques, moins de songes.

Aux grands, beaucoup moins de fierté ; Aux avocats, plus de franchise ;

Aux docteurs, plus d'aménité ;

Aux maris, moins de convoitise ;

Aux femmes, la fidélité ;

Aux jeunes filies, l'innocence ;

Aux vieilles, la tranquillité ;

Aux jeunes gens, la tempérance.

Aux débiteurs, un doux repos ; Aux créanciers, moins de rudesse, Aux libertins, le corps dispos ; Aux avares, plus de largesse ; £nfin, aux ruinistres de paix,

La tolérance, sans rancune.

Voilà quels sont tous nos souhaits, Ah! puissent-ils faire fortune !

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