‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 4)Chapitre 19 sur 81 · DN DE LA · texte numérisé non relu

DN DE LA

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fout ce que vous avez vu et tout ce que vous devez admirer encore par la suite, au millieu de femmes jolies, vives, bonnes et spirituelles.

La femme, douce compagne que le Créateur a donnée à l'homme dans sa bienveillante libéralité, la femme, “ amie aux mauvais jours, aux heureux jours amante,” n’est sur le terre que pour le bien, que pour le bonheur des autres.

A peine sortie de l’heureux âge où ses soins pour l’homme ne répondraient pas encore aux complaisants désirs de son cœur, vous la trouvez déjà s’oubliant, s'abandonnant ellemême, pour se souvenir, pour aller à la recherche des autres. Plus tard, lorsque le temps, à toute autre époque si ennemi des grâces, a communiqué à ces grands yeux bleus, il n’y a qu’en instant si mutins, cette timidité d’ange qui les fait se baisser, se voiler sous les longs cils qui les recouvrent ; plus tard, les vives émotions d’un cœur tout neuf et pur font soulever légèrement ce sein, gracieux réceptacle de tout ee qu’il y a de bon, de tendre, d’affectueux et. de charitable dans une femme.

Pus tard encore, lorsque cette timidité de quinze ans à fait place à l'assurance modeste et simple de la fille de vingt ans, toutes ses pensées, tous ses sentiments à elle, la carressante et gentille créature, se concentrent en un seul et unique but: le bonheur de l’homme.

C’est pour lui qu’elle l’orne, ce corps déjà si beau ; c’est pour lui qu’elle l’emprisonne dans une enveloppe de satin, cette taille flexible comme le palmier souple comme la laine que les ronces du rosier arrachent à l’agneau; c’est pour lui qu'elle passe les plus beaux jours de son existence à entendre les fades préceptes et les ennuyeuses rapsodies de maîtres de tous genres; c’est pour lui enfin, que honteuse et fière tout à la fois, elle dit adieu à sa liberté, à ses goûts, à ses habitudes si variées et si légères, à sa vie de jeune fille enfin, vie toute à elle, existence fortunée dont tous les moments pour elle, étaient des instants d’incffable douceur, parce qu’elle songeait qu'un jour elle ferait le bonheur de l'homme...

Elle s’avance d’un pas tremblant, puis après un long et humide regard d’amour, jeté sur celui qui l’a conduite à Pautel, elle lui tend franchement et de tout son cœur sa gentille petite main. Elle est à vous! Loin de nous, désirs effrénés, séduisantes images, voluptueuses pensées ! loin de nous! N’allez pas de votre contact impur souiller cette fleur virginale dont la corolle brille encore de toute sa splendeur! Enveloppez-la une dernière fois, de “os regards de respectueux amour ; pressez-la sur votre sein haletant d’espoir et d'ivresse ; laissez sur ses lèvres humides d’innocence et de candeur, le premier, le seul baiser pur et suave, ke baiser de époux! Elle est à vous! Protégez-la donc, aimez-la donc, supportez-la donc! et puisqu'elle doit être votre compagne de tous les jours, puisqu'elle est 1à, près de vous, jusqu’à la mort, terme fatal où vont inévitablement aboutir toutes les jouissances de ce monde; puisqu’elle doit être la mère de vos enfants, puisqu'elle doit être l’amie fidèle, invariable, “aux heureux jours amie, aux mauvais jours amante,”? puisque c’est dans son sein que s’épancheront désormais ces tristes et funestes intrus de toutes les situations sociales, les chagrins et les peines ; puisque c’est à elle que vous confiez votre bonheur, la tranquillité de votre vie, la douceur de votre existence, honorez-la, respectez-la surtout !

Mais voilà qu’à vos yeux enchantés apparaît un charme de plus. La jeune file n’est plus, mais la plus noble des créatures vous appartient ; elle est digne de vous; elle & rempli le but de la providence, elle vous donne un nouveau gage de sa tendresse, de son abnégation ; douloureux sacrifice qui ne s’accomplit que dans les larmes, sacrifice pourtant dont elle cherche encore à vous celer l’héroïsme, en s’efforçant d’entr’ouvrir par un sourire ses lèvres bleuies par la souffrance. elle est mère !.…

Ah! du moins maintenant, vous la connaîssez ; vous allez; empressé et content, lui ôter une partie de la rude tâche qui Jui est imposée ; vous allez vous faire petit, tout petit, pour Pélever ce gage qu’elle vient de vous donner, pour guider ses pas tremblants, pour jeter dans son cœur, si jeune et si

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sensible déjà, les germes de tous les sentiments nobles et bons qui ornent le cœur de sa mère; vous aliez lui apprendre à lever ‘à-haut ces grands yeux si pleins de grâce; vous allez lui montrer du doigt où est l’auteur de tout bien, celui que prie sa mère, le bon Dieu de maman ! Mais non, c’est encore elle, la courageuse femme, qui se chargera de tous ces soins, si pénibles pour l’homme, mais qu’elle appelle, dans son doux langage, les faciles devoirs d'une mère.

Ne me citez pas toutes ces femmes célèbres, héroïnes échevelées qui ont usurpé le sceptre de l’homme, abandonné la route que leur avait tracé la nature, recherché dans les camps et jusque sur le trône, le bonheur qu’elles n’auraient trouvé qu’au foyer domestique. Jeanne-d'Arc, Christine, Agnès-Sorel, Elizabeth, seront pour nous des femmes célèbres, mais jamais des femmes! A nous la femme modeste et simple, l'épouse affectionnée, la mère tendre, la compagne aimable, l’amie de tous les instants: à nous la femme sans prétention, la femme de piété, de religion ! à nous la femme telle que Dieu la créa, faible de corps, mais forte de l’ame, fesant tendre toutes ses facultés au bien-être et au contentement de l’homme de son choix. A nous Josephte! Nous la trouverons, messieurs ; mon cœur me le dit, et le cœur, vous savez, trompe rarement !

PETER L. MCDOoxNELL (1).

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