‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 4)Chapitre 79 sur 81 · IT · texte numérisé non relu

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Dans leurs rayonnements les âmes se confondent : L’amour est si pur à quinze ans !

Les soupirs contenus bondissent, se répondent ; ” Le premier des aveux comble deux cœurs aimants !

Oui, le soir, quand brillait Pétoile, La vierge aimée ôtait son voile, Marchait pensive à mes côtés ; 3.) Jetait au sable de la grève, Sans qu’elle interrompiît son rêve, Des mots par la brise emportés !

Car je la pris naïve à sa pauvre famille, Pauvre famille de pêcheurs ; Elle n’avait encore aimé que sa mantille, Et les oiseaux du ciel qui venaient sur ses fleurs !

Parfois nous allions au rivage Ecouter le refrain sauvage

Du nautonnier napolitain ; Notre extase était infinie, Lorsqu’à sa nocturne harmonie Le flot mêlait ce chant lointain !

Parfois montés tous deux sur la vieille nacelle, Que nous détachions des roseaux,

Nous reg: rdions passer cette lampe éternelle,

Phare mystérieux suspendu sur les eaux !

Combien son humide paupière Aïimait cette pâle lumière, Rayons mêlés d’ombre et de jour!

Combien, en la voyant sourire, Mon âme éprouvait de délire, Mon cœur accumulait d’amour !

Quinze ans, hélas! jetaient sur son charmant visage Cette virginale pâleur

Que la main du désir laisse sur son passage,

Ou que la volupté met sur un front rêveur!

La vague venait en silence

Sécher sur les bords du golfe immense !

Elle attendait sous l’oranger !.… Qu’avait-elle donc à lui dire ?..

C’est que sur un léger navire

Demain embarque l’étranger !

Leur adieu fut navrant, puisque l’Italienne

Lui donna ses lèvres de miel ; Qu’elle pleura longtemps; qu’une main dans la sienne, De l'autre lui montra l’azur de son beau ciel!

J. LENorr.

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