À LE
F à d N =. r ME Ni ras: 2 + TS 2 : a
‘ Un peuple tout entier, un peuple souffreteux,
‘{ Qui bat le dur sentier sous un ciel nuageux,
‘ Implore avec espoir les trésors de justice :
‘“ Ne laisse pas marcher, front levé, l'injustice ! ”?
O sol de mon berceau, tes destins me sont chers, J'aime à vivre ici-bas, en paix, dans tes foyers ! Pays du Canada, rejeton de la France,
Sur toi luit encore un rayon d'espérance !
Wolfe en tombant brisa tes liens maternels,
Et commit à son roi tes lois et tes autels ;
Cette langue, ces lois, ces destins de nature Devinrent des hochets dans les mains d’un parjure ; Ces autels protégés au prix de notre sang,
Le temple ! d’un soldat fut choisi pour son camp ; Nos lieux saints souillés par du sang de victime Qu'on égorgeait à froid, pour se complaire au crime! De sauvages horreurs ont tout broyé ton front,
Pays encore enfant, et ton sort te confond !
Le nom de Châteauguay dorait encor tes songes, Trop grand pour soupçonner d’insidieux mensonges, Trop d'honneur dans le sein, avec tes bras altiers, Tu dormais avec calme au sein de tes foyers. . . Race honorable ! encore à remuer la glèbe,
Quand un fier ennemi te dépouille, t’enlève
Le fruit de tes sueurs, et flétrit tes lauriers,
Insulte à des tombeaux à toi qui sont si chers !
Un barde reste, au moins, pour venger cette cendre, Pauvre reste ignoré d’un type d'Alexandre !
Oui ! je veux y planter des saules, des cyprès,
Jeter avec amour des fleurs et des regrets,
Y répandre mon cœur ainsi qu’au sanctuaire, Adorer à genoux cette ombre solitaire,
—Ah ! oui, je vous bénis, Ô sacrés monuments, Vous qui serez l'honneur de nos derniers enfants! . ..
Citoyen ! fais aussi ce saint pèlerinage,
Toi, peuple généreux, offre ton grand hommage
A ceux qui ne sont plus de tes frères aînés :
Le temps qui, dans sa course, en a tant moissonnés, Le temps, ce grand arrêt qui prescrit nos années,
Qui borne aveuglément nos plus vastes pensées,
Qui sous sa main de fer efface les mortels,
Le trône avec ses rois, le temple et ses autels ;
Le temps, ce bras de Dieu qui moissonne les hommes,
ire,
mes,
Promène le néant sur tous tant que nous sommes, Vient encore à nos yeux d’agrandir l'horizon, De doter l’avenir de la froide saison.
Suspendons, chers amis, qui respirez la gloire,
Le luth mélancolique au trône de Victoire :
Assez, assez gémir sur le sombre passé,
Nous devons, citoyens, un culte à Liberté :
Laissons, laissons pleurer sur d’honorables tombes, Sans troubler leurs soupirs, de pieuses colombes ! Entonne, Canadien, un hyme à l'avenir.
Noble rejeton de la France, Enfant digne de tes aïeux,
O terre pleine d'espérance,
Beau sol, où j’ai placé mes dieux :
Tes fils ont assez de vaillance Pour te conquérir des lauriers,
Et pour voler à ta défense Demain oubliraient leurs foyers !
La gloire en leur âme fermente, Ils ont du sang des chevaliers,
Et faits pour braver la tourmente, Ils aiment la paix en guerriers !
Ennemis de la tyrannie, Adorateurs de liberté,
Leur premier bien, c’est la patrie, Et l'amour, leur divinité !
L'honneur inscrit sur leur bannière, Sur leurs drapeaux la loyauté,
Leur fit défendre la frontière
Avec les droits de royauté.
A Châteauguay le sang des braves A:t-il été prostitué ?
Voudrait-on faire des esclaves
Des martyrs de fidélité ?
Héros, s’il faut tomber victimes Des plus criminels attentats,
Nous, soyons toujours magnanimes, Dieu sans doute conduit nos pas |
Ne courbons jamais par la crainte, Marchons, abrités par nos lois.
Songeons que notre cause est sainte, Celle de Dieu, celle des rois!
Sexe jaloux de notre hommage, Toi, soutiens-nous dans nos combats ; Nous n’aimons pas d’autre esclavage Que celui qu’on trouve en tes bras !
Tu nous vaincs par tes doux caprices, Et nous trouvons à te chérir Les plaisirs, nommés sacrifices, Que nous coûte de t’obéir !
J. G. BARTHE