‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 136 sur 203 · SCÈNE III SUSETTE, NICODÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE III SUSETTE, NICODÈME

SusETTE (courant vers Nicodème).—Nico ! Nico ! saistu pourquoi qui la demande ?

NICODÈME.—Non; et puis, d’ailleurs qu'est-ce que ça m'envisage, moi ?

SUSETTE.—Je l’sais, moi.

NICODÈME.—Eh bien ?

SUSETTE.—Oh ! tu crès qu’ça s’dit comme ça. Nenni, nenni, Nicodème.

est bien

nations ?

gauche).

terromps ju’voyeznam’selle

( s'appossible.) ous dire piser dans

Nicodème

co ! sais-

e que ça

. Nenni,

NiIcODèME,—Pour lors, j' connais une chose qui s’manigance pas loin d'ici,

SusETTE.—Eh quoi ?

NICODÈME.—Oh ! tu crès qu’ça s’dit comme ça. Nenni, nenni, Susette.

SuSsETTE.—Voyais donc c’railleur ! ben, c’est tout comme ; si tu veux me promettre de m’dire ton secret, j'te dirai le mien.

NicODÈME.—Ah bien ! oui, mignonnette, en v'’la des secrets qu'ceux-là ! et est-ce que je n’sais pas qu'e’est pour jaser d’son union matrimoniale avec monsieur Bellire, qu’il l’a fait appeler? Va-t-il en avoir un magot que c’Bellire-là ! monsieur Delorval qu’est riche comme un Juif naturel !

SusETTE (7zan{).—Hi ! hi! hi! monsieur Bellire !

NICODÈME.—Hi ! hi! hi! Voyez donc comme ça m'rit au nez ! oui, que j'dis, monsieur Bellire, l’ami de monsieur Delorval, et qu'monsieur Delorval aime plus que j't’aime. Et voilà.

SUSETTE.—Monsieur Bellire ! l'ami de monsieur Delorval ! tu devrais dire l’ami d’son argent. . Mais tu n'y penses pas, Nicodème. J'crèyais moi aussi qu’ça f'rait un mariage . . . mais tout est cassé. Mam’selle Car’line n’peut souffrir la présence de monsieur Bellire. Je n’sais pas, mais il m’semble que j’ne l’aimerais pas moi non plus . . . Monsieur Delorval qu'est si bon, comme tu sais, n’veut pas forcer l'inclination d’sa nièce, et y la marie à.

NICODÈME.—Oh ! j'devine. (77 ui dit quelque chose à l'oreille. Susette fait un signe de tête affirmatif.) Pour lors j'en suis bien aise pour lui, sur mon honneur. C'est bien la meilleure pièce d'homme que j’aie encore avisé, que c’jeune homme-là. V n’ressemble pas du tout à monsieur Bellire. Je n’peux pas m'imaginer ce que monsieur Delorval peut trouver en lui, pour y être attaché si acharnellement,

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SUSETTE (coquettemeut).—Tiens, n’sais-tu pas qu’ce sont les plus méchants qui plaisent le plus quelquefois ? Le serpent a bien charmé la femme. Je n’parle pas d'toi, (riant}, hi! hi! hi!

NiIcODÈME.—J'crès qu'tu veux m'acoquiner, ma p'tite ‘ friponne . . . J'me sauve. (77 va pour sortir.)

SUSETTE.—A.ttends donc, attends donc. J't'ai dit c'que j'savais : il faut que tu m'dises c'que tu sais, toi.

NICODÈME (arrétant).—Ah! ben! oui, j'oubliais. C'est . . . (4 se gratte le front) c'est. . . ah! ,. .. écoute . . . ce n’est rien du tout. Et voilà. (Z/ se sauve, Susette courant après lui.)

SusETTE (revenant).—Ah ! v'la monsieur Delorval.

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