SCÈNE XV SUSETTE, NICODÈME (accourant en mangeant
NICODÈME.—Que diable de vacarne nous cries-tu donc, toi? Est-ce qu’on dérange comme ça un homme, auand
y s’conforme aux reglements d’la nature qui disent : Faut avaler pour respirer ?
SUSETTE.—Accoute . . . j'vas tout t’raconter , N'mange pas, tu n’entendras pas ben . . . J'ai réussi, Nicodème, oui, j’ai réussi.
Nicodème (#angeant).—Comment, tu as réussi ?
SUSETTE.—Oui . . . y n’voulait pas.
NICODÈME (de même).—Y n’voulait pas ?
SusETTE.—Eh ! non, j’ai été obligée de l’pousser.
NICODÈME (de même).—Tu l’as poussé ?
Si - :TTE.—Eh ! oui, nigaud.
NiT :: :.-— Pour lors, nigaude, et voilà : mot pour mot.
SUSETTE.—V. va r'venir . . . je l’r’verrons.
NICODÈME.—Et qui ?
SUSETTE. — Lui! . . . Ah ! qu’'t'as l’entendement plombé ! . . . À quoi sert de t’raconter les choses? tu n’comprends pas plus qu’eune bouteille.
NICODÈME.—Ah ! 1à, tu as raison . . . quand j'ai bu ma bouteille, c’est bien rare que j’en boive deux ou trois autres.
SUSETTE.—Oui, y va r’venir, . . Ah! mon cœur! mon cœur ! . . Dieu ! qu’y saute ! (ÆZ//e sort en sautant.)