È LE
LE RÉPERTOIRE NATIONAIL,
Pour moi, pauvre rimeur, ton histoire ignorée Fera le sujet de mes vers.
Que me font les Troyens et leurs guerres sanglantes, Et la haine des Grecs assiégeant leurs remparts ? Que me font des cités les ruines fumantes,
Sous les monuments des Césars ?
Des noms moins renommés, moins vantés des poètes, Mais auss' glorieux, embelliront mes chants.
Pour être grand faut-il avoir fait des conquêtes
Et vaincu des peuples puissants ?
Réveillez-vous, héros ! sortez de la poussière
Où vous dormez en paix, le front ceint de laurier.
Mais quel regard puissant ! . . . quelle démarche fière ! Est-ce toi, généreux Cartier?
Oui, c’est lui, ce héros qui, désertant la France, Pour fonder un État sur un sol inconnu, Lassa des éléments la rage et la constance
Par sa magnanime vertu.
C’est ce preux qui, rempli d’un courage héroïque, Sachant à la victoire arracher le succès, Fonda par sa valeur sur le sol d'Amérique,
Un pays peuplé de Français.
Champlain, de Monts, T. acy, Pontgravé, Robervalle, Noms fameux, vous serez célébrés tour à tour ; Mais il est un guerrier que nul autre n’égale,
C’est le magnanime Latour.
Peu sensible aux combats que lui livre son père, Qui le voit sans pitié rebuter son espoir, I1 refuse les dons et l’or de l'Angleterre
Pour n’écouter que son devoir.
Qu'il est grand, ton courage, immortelle héroïne, Verchères, tu bravas les Hurons et leurs traits : Et fidèle à l'honneur de ta noble origine,
Ta valeur sauva les Français.