QUELQUES CVPRÈS SUR LA TOMBE D'UNE DEMOISELLE
Encor dix-sept printemps, encor mille vertus Qu'on adorait hier, qui depuis . . . ne sont plus ! Encore un jeune lis dépouillé de la vie!
Pour les vierges du ciel encor uñe autre amie, Encor un hôte dans les cieux,
Un ange de moïins dans ces lieux !
Encore une feuille d'automne
Dans la corbeille de Pomone !
Encor des regrets, des adieux,
Encor des larmes dans nos yeux ! .
Ah ! si ma lyre en deuil, tendre écho sur sa tombe, Pour un dernier adieu pouvait trouver un son ! Si mon luth assez pur, sans profaner son nom, Pouvait louer les jours de l’être qui succombe ! Sj nos douleurs pouvaient l’évoquer du tombeau, Si nos regrets pouvaient la remettre au berceau ! . Une autre voix du moins au ciel inexorable
S'adresserait pour désarmer la mort, Si les pleurs d’une mère attendrissaient le sort ! . (Car la mère qui pleure, elle, n’est pas coupable !) Mais le sépulcre est sourd à toutes les douleurs ; A genoux près du sien, parfumons-le de fleurs ! Elle vivait hier dans l'ennui de trois frères, Offrant pour eux au ciel l’encens de ses prières : On la pleure aujourd’hui, Et sa mère, à son tour, vivra dans son ennui!. D'un nom de plus le marbre funéraire
S'est chargé d'aujourd'hui. . . près du nom de son père !
J. G. BARTHE