‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 120 sur 267 · EXTRAITS DES SERMONS DE SAURIN · texte numérisé non relu

EXTRAITS DES SERMONS DE SAURIN

jardins moins fleuris, les fleurs moins brillantes, leurs couleurs moins vives, les prairies moins riantes, les eaux moins claires, tout se ternit, tout s'efface : l'ombre de la mort se présente ; on commence à sentir l'approche du gouffre fatal. Mais il faut aller sur le bord, encore un pas. Déjà l'horreur trouble les sens, la tête tourne, les yeux s'égarent, il faut marcher. On voudrait retourner en arrière, plus de moyen* ; tout est tombé, tout est évanoui, tout est échappé. Je n'ai pas besoin de vous dire que ce chemin c'est la vie ; que ce gouffre .... c'est la mort. Bossuet.

Bossuet {Jacques-Bénigne) , Né en 1627, mort en 1704. Il fut d'abord évêque de Condom et ensuite de Meaux. Nommé précepteur du fils de Louis XIV, il composa pour l'instruction de son royal disciple son fameux Discours sur lliistoïre universelle, dans lequel il contemple de si haut et d'un regard si vaste tous les événements qui se passent sur la terre. Ses Oraisons funèbres furent prononcées en différents temps, et jamais paroles plus solennelles et plus terribles ne retentirent sous la voûte des temples, en présence d'un autel et d'un tombeau; jamais le néant des grandeurs humaines et la vanité de toute chose ici-bas ne furent étalés -avec tant de force et de vérité.

Page 1