LA FRANCE APRES LA REVOLUTION
La France offrait alors un des spectacles les plus curieux dans l'histoire morale des peuples. La lassitude du crime avait amené des lois plus douces. Une sorte de trêve avait suspendu les vengeances civiles ; dans cet intervalle, Tordre social essayait de renaître. Ses maux s'oubliaient rapidement; on se hâtait d'espérer, et de se confier au sol tremblant de la France. Une joie frivole et tumultueuse s'était emparée des âmes, comme par l'étonnement d'avoir survécu ; et l'on célébrait des fêtes sur les ruines. Ainsi, dans les campagnes ravagées par le Vésuve, quand le torrent de flamme a détruit les ouvrages et les habitations des hommes, bientôt la sécurité succède au péril, on se réunit, on se rapproche, et l'on bâtit de nouvelles demeures avec les laves refroidies du volcan.
VlLLEMAIN. {Voyez la paye 320.)