NEUVIÈME SIÈCLE
Serment de Louis a, roi de Germanie, en roman, adressé aux
seigneurs français et sujets de Charles-le- Chauve.
Pro Deo amur, et pro Christian poblo, et nostro commun salvament, d'ist di in avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai jeo cist meon fradre Karlo, et in adjudha et in cadhuna cosa si com om per dreit son fradre salvar dist. Et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai qui meon vol cist meon fradre Karle in damno sit. Traduction.
Pour l'amour de Dieu et du peuple chrétien, et pour notre commune sûreté, dorénavant, autant que Dieu me donnera de savoir, et de pouvoir, je défendrai ce mien frère Charles, lui donnant aide et secours dans chaque chose, comme un homme par droit doit défendre son frère. Et je ne ferai aucun traité avec Lothaire qui puisse être préjudiciable à mon frère Charles.
Serment des seigneurs français et sujets de Charles-le- Chauve3-.
Si Lodhuigs sagrament que son fradre Karlo jurât, conservât, et Karlus meos sendra, de suo part non lo stanit, si jo returnar non lint pois, ne jo, ne neuls cui eo returnar int pois, in nulla adjudha contra Lodmvig nun li iver. Traduction.
Si Louis observe le serment que son frère Charles lui jure, et que Charles mon seigneur, de son côté, ne le tienne
point, et que je ne puisse détourner Charles de cette violation, ni moi ni aucuns, ne serons en aide à Charles contre Louis.
a Deux des petit-fils de Charlemagne, après la mort de ce grand homme, se réunirent pour lutter contre l'ambitieux Lothaire, qui fut vaincu à Fontenay, le 25 juin 841. Malgré cette victoire, Charles-le-Chauve et Louis-le-Germanique, toujours en péril, renouvelèrent leur alliance à Strasbourg. Il est à remarquer que les deux princes cherchèrent à intéresser le peuple en parlant, non la langue des clercs, mais les idiomes usités en Gaule et en Germanie.
Ce serment fut prêté le 16 des calendes de mars 842. Louisle-Germanique jura en langue romane ou française; Charles-le- Chauve en langue germanique.