‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 71 sur 267 · LE REQUIN · texte numérisé non relu

LE REQUIN

Ce formidable squale a parvient jusqu'à une longueur de plus de dix mètres ^il pèse quelquefois près de cinquante . myriagrammes (mille livres), et il s en faut de beaucoup l que Ton ait prouvé que Ton doit regarder comme exagérée l'assertion de ceux qui ont prétendu qu'on avait péché un requin du poids de plus de cent quatre-vingt-dix myriagrammes*.

Mais la grandeur n'est pas son seul attribut ; il a reçu aussi la force et des armes meurtrières ; et, féroce autant que vorace, impétueux dans ses mouvements, avide de sang, insatiable de proie, il est véritablement le tigre de la mer. Recherchant sans crainte tout ennemi, poursuivant avec plus d'obstination, attaquant avec plus de rage, combattant avec plus d'acharnement que les autres habitants des eaux; plus dangereux que plusieurs cétacés b, qui, presque toujours, sont moins puissants que lui ; insrjirant même plus d'effroi que les baleines, qui, moins bien armées, et douées d'appétits bien différents, ne provoquent presque jamais ni l'homme ni les grands animaux; rapide dans sa course, répandu sur tous les climats, ayant envahi, pour ainsi dire, toutes les mers ; paraissant souvent au milieu des tempêtes, aperçu facilement par l'éclat phosphorique dont il brille au milieu des ombres des nuits les plus orageuses, menaçant de sa gueule énorme et dévorante les infortunés navigateurs exposés aux horreurs du naufrage, leur fermant toute voie de salut, leur montrant en quelque sorte leur tombe ouverte, et plaçant sous leurs yeux le signal de la

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