LE PEDANT
Que dites-vous ? Comment ? Je ri y suis pas l : vous plairait-il de recommencer? J'y suis encore moins* i je devine enfin : vous voulez, Acis, me dire qu'il fait froid ; que ne disiez-vous: Il fait froid? Vous. voulez m'apprendre qu'il pleut, ou qu'il neige ; dites : Il pleut, il neige. Vous me trouvez bon visage 3, et vous désirez de m'en féliciter ; dites : Je vous trouve bon visage. Mais, répondezvous, cela est bien uni et bien clair, et d'ailleurs, qui ne pourrait pas en dire autant ? Qu'importe, Acis ? est-ce un si grand mal d'être entendu quand on parle, et de parler comme tout le monde ! Une chose vous manque, Acis, à vous, à vos semblables personnages verbeux, vous ne vous en défiez point*, et je vais vous jeter dans l'étonnement : une chose vous manque, c'est l'esprit ; ce n'est pas tout, il y a en vous une chose de trop, qui est l'opinion d'en avoir plus que les autres : voilà la source de votre pompeux galimatias5, de vos phrases embrouillées^, et de vos grands mots qui ne signifient rien. Vous abordez7 cet homme, ou vous entrez dans cette chambre, je vous tire par votre habit, et vous dis à V oreille : Ne songez point à avoir de ï esprit 8, n'en ayez point, c'est votre rôle ; ayez, si vous pouvez, un langage simple, et tel que l'ont ceux en qui vous ne trouvez aucun esprit, peut-être alors, croira-t-on que vous en avez.
l'homme à prétentions.
Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi : c'est un homme universel, et il se donne pour tel ; il aime mieux mentir que de se taire ou de paraître ignorer quelque chose. On parle à la table d'un grand d'une cour du Nord ; il prend la parole, et Vote à l ceux qui allaient dire ce qu'ils en savent: il s'oriente* dans cette région lointaine, comme s'il en était originaire : il discourt des mœurs de cette cour, des femmes du pays, de ses lois et de ses coutumes: il récite des historiettes qui y sont arrivées, il les trouve
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plaisantes, et il en rit jusqu'à éclater. Quelqu'un se hasarde de le contredire, et lui prouve qu'il dit des choses qui ne sont pas vraies. Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l'interrupteur ; " Je n'avance," lui dit-il, "je ne raconte rien que je ne sache à' original3 ; je l'ai appris de Séthon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu à Paris depuis quelques jours, que je connais familièrement, que j'ai fort interrogé, et qui ne m'a caché aucune circonstance." Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance qu'il ne l'avait commencée, lorsque l'un des conviés lui dit: "C'est Séthon lui-même, à qui vous parlez, et qui arrive fraîchement de son ambassade."
L HOMME SAVANT DANS L HTSTOIRE ANCIENNE ET IGNORANT SUR LES EVENEMENTS ACTUELS.
Hermagoras ne sait pas qui est roi de Hongrie : il s'étonne de n'entendre faire aucune mention du roi de Bohême : ne lui pariez pas des guerres de Flandre et de Hollande a, dispensez-le du moins de vous répondre, il confond les temps, il ignore quand elles l ont fini : combats, sièges, tout lui est nouveau. Mais il est instruit de la guerre des géants, il en raconte les progrès et les moindres détails ; rien ne lui échappe. Il débrouille de même 2 l'horrible chaos des deux empires, le babylonien et l'assyrien ; il connaît à fond les Egyptiens et leurs dynasties. Il n'a jamais vu Versailles ; il ne le verra point; il a presque vu la tour de Babel : il en compte les degrés 3, il sait combien d'architectes ont présidé à cet ouvrage, il sait le nom des architectes. Dirai-je qu'il croit Henri IV fils de Henri III ? Il néglige du moins de rien connaître aux maisons^ de France, d'Autriche, de Bavière : " Quelles minuties î " ditil, pendant qu'il récite de mémoire toute une liste des rois des Mèdes ou de Babylone, et que les noms d'Apronal, d'Hérigebal, de Noesnemordach, de Mardokempad lui sont aussi familiers qu'à nous ceux de Valois et de Bourbon. Il demande si l'Empereur a jamais été marié : mais personne ne lui apprendra que Ninus a eu deux femmes. On lui dit
que le roi jouit d'une santé parfaite ; et il se souvient que Thetmosis, un roi d'Egypte, était valétudinaire, et qu'il tenait cette complexion5 de son aïeul Alipharmutosis.
Que ne sait-il point ? Quelle chose lui est cachée de la vénérable antiquité ? Mais quant à ce qui se rapporte au temps moderne ou présent, il ne lui entre pas dans l'esprit même de s'en informer.
La curiosité n'est pas l un goût pour ce qui est bon ou ce qui est beau, mais pour ce qui est rare, unique, pour ce qu'on a, et ce que les autres n'ont point. Ce n'est pas un attachement à ce qui est parfait, mais à ce qui est couru'2, à ce qui est à la mode ; ce n'est pas un amusement mais une passion, et souvent si violente qu'elle ne cède à l'amour et à l'ambition que par la petitesse de son objet. Ce n'est pas une passion qu'on a généralement pour les choses rares, et qui ont cours, mais qu'on a seulement pour une certaine chose qui est rare, et pourtant à la mode.
Le fleuriste.
Le fleuriste a un jardin dans un faubourg ; il y court au lever du soleil, et il en revient à son coucher. Vous le voyez planté, et qui a pris racine au milieu de ses tulipes et devant la solitaire l : il ouvre de grands yeux, il frotte ses mains, il se baisse, il la voit de plus près, il ne l'a jamais vue si belle, il aie cœur épanoui de joie : il la quitte pour V orientale-; de là il va à la veuve3; il passe au drapd'or4, de celle-ci à l'agate5, d'où il revient enfin à la solitaire, où il se fixe, où il se lasse6, où il s'assied, où il oublie de dîner: aussi est-elle nuancée, bordée, huilée'1, a pièces emportées*; elle a un beau vase, ou un beau calice : il la contemple, il l'admire. Dieu et la nature sont en tout cela ce qu'il n'admire point ; il ne va pas plus loin que l'oignon de sa tulipe, qu'il ne livrerait pas pour mille écus, et qu'il donnera pour rien quand les tulipes seront négligées, et que
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les œillets auront prévalu. Cet homme raisonnable, qui a une âme, qui a un culte et une religion, revient chez soi, fatigué, affamé, mais fort content de sa journée : il a vu des tulipes.
L'amateur de prunes.
Parlez à cet autre de la richesse des moissons, dune ample récolte, d'une bonne vendange ; il est curieux de l fruits; vous n'articulez pas, vous ne vous faites pas entendre: parlez-lui de figues et de melons; dites que les poiriers rompent de fruits cette année, que les pêchers ont donné avec abondance ; c'est pour lui un idiome inconnu ; il s'attache aux seuls pruniers, il ne vous répond pas. Ne l'entretenez pas même des pruniers : il n'a de l'amour que pour une certaine espèce, toute autre que vous lui nommez le fait sourire et se moquer. Il vous mène à l'arbre, cueille artistement " cette prune exquise, il l'ouvre, vous en donne une moitié, et prend l'autre. " Quelle chair3 ! " dit-il, " goùtez-vous cela ? cela est divin î voilà ce que vous ne trouverez pas ailleurs !" Et là-dessus ses narines s'enflent, il cache avec peine sa joie et sa vanité, par quelques dehors4 de modestie. O l'homme divin en effet î homme qu'on ne peut jamais assez louer et admirer î homme dont il sera parlé dans plusieurs siècles ! Que je voie sa taille5 et son visage, pendant qu'il vit ; que j'observe les traits et la contenance d'un homme qui, seul entre les mortels, possède une telle prune ï
Le numismate1.
Un troisième que vous allez voir vous parle des curieux ses confrères, et surtout de Diognète. " Je l'admire," dit-il, " mais je le comprends moins que jamais. Pensez-vous qu'il cherche à s'instruire par les médailles, et qu'il les regarde comme des preuves parlantes de certains faits, et des monuments fixes et indubitables de l'ancienne histoire ? Rien moins*. Vous croyez peut-être que toute la peine qu'il se donne pour recouvrer une tête vient du plaisir qu'il
se fait de ne voir pas une suite3 d'empereurs interrompue ? c'est encore moins : Diognète sait d'une médaille le fruste*, le flou5, et la, fleur6 du coin7; il a une tablette dont toutes les places sont garnies8, à l'exception d'une seule; ce vide lui blesse la vue, et c'est précisément, et à la lettre9, pour le remplir qu'il emploie son bien et sa vie."
L'amateur d'estampes.
" Vous voulez," ajoute Démocède, " voir mes estampes ? " et bientôt il les étale1, et vous les montre. Vous en rencontrez une qui n'est ni noire, ni nette, ni dessinée, et d'ailleurs moins propre à être gardée dans un cabinet qu'à tapisser, un jour de fête, le Petit-Pont ou la rue Neuveh. Il convient qu'elle est mal gravée, plus mal dessinée ; mais il assure qu'elle est d'un Italien qui a travaillé peu, quelle ri a presque pas été tirée 2, que c'est la seule qui soit en France de ce dessin, qu'il l'a achetée très-cher, et qu'il ne la changerait pas pour tout ce qu'il y a de meilleur. " J'ai," continue-t-il, " une sensible affliction, et qui m'obligera de renoncer aux estampes pour le reste de mes jours : j'ai tout Calot 3 c, hormis une seule qui n'est pas, à la vérité, de ses bons ouvrages, au contraire c'est un des moindres, mais qui m'achèverait Calot ; je travaille depuis vingt ans à recouvrer cette estampe, et je désespère enfin d'y réussir : cela est bien rude* ! "
Le voyageur.
Tel autre fait la satire de ces gens qui s'engagent, par inquiétude ou par curiosité, dans de longs voyages ; qui ne font ni mémoires, ni relations; qui ne portent point de tablettes ; qui vont pour voir, et qui ne voient pas, ou qui oublient ce qu'ils ont vu ; qui désirent seulement de connaître de nouvelles tours ou de nouveaux clochers, et passer des rivières qu'on n'appelle ni la Seine, ni la Loire; qui sortent de leur patrie pour y retourner, qui aiment à être absents, qui veulent un jour être revenus de loin : et ce satirique parle juste et se fait écouter.
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Le bïbliomane K
Mais quand il ajoute que les livres en apprennent 2 plus que les voyages, et qu'il m'a fait comprendre par ses discours qu'il a une bibliothèque, je souhaite de la voir. Je vais trouver cet homme, qui me reçoit dans une maison où, dès l'escalier, je tombe en faiblesse d'une odeur de maroquin noir dont ses livres sont tout couverts. 77 a beau me crier aux oreilles, pour me ranimer* \ qu'ils sont dorés sur tranche*, ornés àe filets d'or5, et de la bonne édition; me nommer les meilleurs l'un après l'autre ; dire que sa galerie est remplie, à quelques endroits près qui sont peints de manière qu'on croit voir de vrais livres arrangés sur des tablettes, et que l'œil s'y trompe ; ajouter qu'il ne lit jamais, qu'il ne met pas le pied dans cette galerie, qu'il y viendra pour me faire plaisir; je le remercie de sa complaisance, et ne veux non plus que lui visiter sa tannerie6, qu'il appelle bibliothèque.
L'édificateur l.
Un bourgeois - aime les bâtiments ; il se fait bâtir un hôtel si beau, si riche et si orné, qu'il est inhabitable3. Le maître, honteux de s'y loger, ne pouvant peut-être se résoudre à le louer à un prince ou à un homme d'affaires4, se retire au galetas 5, où il achève sa vie, pendant que l'enfilade et les planchers de rapport 6 sont en proie aux Anglais et aux Allemands qui voyagent, et qui viennent là du Palais-Royal et du Luxembourg. On heurte sans fin1 à cette belle porte ; tous demandent à voir la maison, et personne à voir Monsieur*.
L ornithologiste.
Diphile commence par un oiseau, et finit par mille. Sa maison n'est pas égayée, mais empestée 1 ; la cour, la salle, l'escalier, le vestibule, les chambres, le cabinet, tout est volière. Ce n'est plus un ramage*, c'est un vacarme* '; les vents d'automne et les eaux dans leurs plus grandes
crues4, ne font pas un bruit si perçant et si aigu5; on ne s'entend non plus parler les uns les autres que dans ces chambres où il faut attendre, pour faire le compliment d'entrée, que les petits chiens aient aboyé. Ce n'est plus pour Diphile un agréable amusement ; c'est une affaire laborieuse, et à laquelle à peine il peut suffire.
Il passe les jours, ces jours qui échappent et qui ne reviennent plus, à verser6 du grain et à nettoyer des ordures. Il donne pension1 à un homme qui n'a point d'autre ministère que de siffler des serins au flageolet, et de faire couver 8 des canaris. Il est vrai que ce qu'il dépense d'un côté, il l'épargne de l'autre ; car ses enfants sont sans maîtres et sans éducation. Il se renferme le soir, fatigué de9 son propre plaisir, sans pouvoir jouir du moindre repos que ses oiseaux ne reposent, et que ce petit peuple, qu'il n'aime que parce qu'il chante, ne cesse de chanter. Il retrouve ses oiseaux dans son sommeil ; lui-même il est oiseau, il est hupé 10, il gazouille11, il perche, il rêve la nuit qu'il mue1- ou qu'il couve.
L'entomologiste .
Cet autre aime les insectes, il en fait tous les jours de nouvelles emplettes l : c'est surtout le premier homme de l'Europe pour les papillons ; il en a de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Quel temps prenez-vous pour lui rendre visite ? Il est plongé dans une amère douleur ; il a l'humeur noire, chagrine, et dont toute sa famille souffre, aussi a-t-il fait 2 une perte irréparable : approchez, regardez ce qu'il vous montre sur son doigt, qui n'a plus de vie, et qui vient d'expirer ; c'est une chenille, et quelle chenille !
L'homme inégal et V homme distrait.
Un homme inégal n'est pas un seul homme, ce sont plusieurs : il se multiplie autant de fois qu'il a de nouveaux goûts et de manières différentes : il est à chaque moment ce qu'il n'était point, et il va être bientôt ce qu'il n'a jamais
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été, il se succède à lui-même : ne demandez pas de quelle complexion il est, mais quelles sont ses complexions ; ni de quelle humeur, mais combien il a de sortes d'humeurs. Ne vous trompez-vous point? Est-ce Eutichrate que vous abordez? Aujourd'hui quelle glace pour vous! hier il vous cherchait, il vous caressait, vous donniez de la jalousie à ses amis ; vous reconnaît-il bien ? dites-lui votre nom.
Ménalque descend son escalier, ouvre sa porte pour sortir, il la referme: il s'aperçoit qu'il est en bonnet de nuit; et venant à mieux s'examiner, il se trouve rasé à moitié, il voit que son épée est mise du côté droit, et que ses bas sont rabattus sur ses talons. S'il marche dans les places, il se sent tout d'un coup rudement frapper à l'estomac ou au visage ; il ne soupçonne point ce que ce peut être, jusqu'à ce qu'ouvrant les yeux et se réveillant, il se trouve, ou devant un limon1 de charrette, ou derrière un long ais~ de menuiserie que porte un ouvrier sur ses épaules. On l'a vu une fois heurter du front contre celui d'un aveugle, s'embarrasser dans ses jambes, et tomber avec lui chacun de son côté à la renverse. Il lui est arrivé plusieurs fois de se trouver tête pour tête à la rencontre d'un prince et sur son passage, se reconnaître à peine et n'avoir que le loisir de se coller à un mur pour lui faire place. Il cherche, il brouille, il crie, il s'échauffe, il appelle ses valets l'un après l'autre, on lui perd tout, on lui égare tout: il demande ses gants qu'il a dans ses mains. Il entre à l'appartement, et passe sous un lustre où sa perruque s'accroche et demeure suspendue, tous les courtisans regardent et rient; Ménalque regarde aussi et rit plus haut que les autres ; il cherche des yeux dans toute l'assemblée où est celui qui montre ses oreilles, et à qui il manque une perruque. S'il va par la ville, après avoir fait quelque chemin, il se croit égaré, il s'émeut, et il demande où il est à des passants qui lui disent précisément le nom de sa rue : il entre ensuite dans sa maison, d'où il sort précipitamment, croyant qu'il s'est trompé. Il descend du palais, et trouvant au bas du grand degré un carrosse qu'il prend pour le sien , il se met dedans ; le cocher touche3, et croit ramener son maître
dans sa maison : Ménalque se jette hors de la portière, traverse la cour, monte l'escalier, parcourt l'antichambre, la chambre, le cabinet ; tout lui est familier, rien ne lui est nouveau ; il s'assied, il se repose, il est chez soi. Le maître arrive ; celui-ci se lève pour le recevoir, il le traite fort civilement, le prie de s'asseoir, et croit faire les honneurs de sa chambre ; il parle, il rêve, il reprend la parole ; le maître de la maison s'ennuie et demeure étonné; Ménalque ne l'est pas moins, et ne dit pas ce qu'il en pense ; il a affaire à un fâcheux, à un homme oisif, qui se retirera à la fin, il l'espère, et il prend patience; la nuit arrive qu'il est à peine détrompé. Une autre fois il rend visite à une femme, et se persuadant bientôt que c'est lui qui la reçoit, il s'établit dans son fauteuil, et ne songe nullement à l'abandonner ; il trouve ensuite que cette dame fait ses visites longues, il attend à tous moments qu'elle se lève et le laisse en liberté ; mais comme cela tire en longueur, qu'il a faim, et que la nuit est déjà avancée, il la prie à souper; elle rit, et si haut, qu'elle le réveille.
Ménalque a une fois perdu au jeu tout l'argent qui est dans sa bourse, et voulant continuer déjouer, il entre dans son cabinet, ouvre une armoire, y prend sa cassette, en tire ce qu'il lui plaît, croit la remettre où il l'a prise : il entend aboyer dans son armoire qu'il vient de fermer ; étonné de ce prodige, il l'ouvre une seconde fois, et il éclate de rire d'y voir son chien qu'il a serré pour sa cassette. Il joue au trictrac*, il demande à boire, on lui en apporte ; c'est à lui à jouer, il tient le cornet5 d'une main et un verre de l'autre ; et comme il a une grande soif, il avale les dés et presque le cornet, jette le verre d'eau dans le trictrac, et inonde celui contre lequel il joue. Il se promène sur l'eau, et il demande quelle heure il est : on lui présente une montre ; à peine l'a-t-il reçue, que, ne songeant plus ni à l'heure ni à la montre, il la jette dans la rivière, comme une chose qui l'embarrasse. Lui-même écrit une longue lettre, met de la poudre dessus à plusieurs reprises, et jette toujours la poudre dans l'encrier : ce n'est pas tout, il écrit une seconde lettre, et après les avoir achevées toutes deux,