‹ Le retour continuel a DieuChapitre 108 sur 146 · LE ZÈLE DANS L'ORAISON ET DANS LA CONDUITE · texte numérisé non relu

LE ZÈLE DANS L'ORAISON ET DANS LA CONDUITE

I. Quellssera, dans mon oraison, la part faite au zèle? — Faire oraison sur l'amour de Dieu, s'occuper de l'amitié de Jésus-Christ, cultiver l'imitation des vertus du Sauveur et ne pas songer au zèle pour la Rédemption, c'est une impossibilité. Si cette impossibilité existe, c'est un signe que, dans l'oraison, ce qui touche à la charité est vicié. Si, par contre, l'idée des intérêts de Jésus-Christ revient souvent, c'est un signe qu'il y a du vrai dans l'amour.

On s'occupe du zèle dans l'oraison : en s'arrètant de temps à autre aux vérités qui le provoquent; en faisant suivre ces considérations du généreux acte d'offrande ; enfin en joignant àla prière pour soi de constantes supplications pour les intérêts de Jésus et des âmes tant de l'Église militante que de l'Église soutirante.

Premièrement, je me suis vu peut-être forcé de ne promettre à Dieu que peu d'oraison ; et, dans ce peu d'oraison, peu de temps consacré à la charité et à l'amitié de Jésus- Christ. Dans ce peu quelle place réserverai-je au zèle? Doisje déterminer certains jours ou certaines époques où je m'en occuperai spécialement? Ferai-je de temps en temps et avec une certaine régularité l'acte d'offrande? Dans quelle mesure prierai-je pour le prochain?

Deuxièmement, si j'ai pu réservera l'amour de mon Dieu et de mon Sauveur un temps assez considérable de mon oraison, quelles mesures pçendrai-je pour m'y occuper suffisamment du zèle, de la prière apostolique et de l'offrande de tout moi-même à Jésus-Christ?

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Troisièmement, pousserai-je l'offrande de moi-même jusqu'à renouveler souvent le sacrifice détaillé et explicite de tout ce que j'ai et de tout ce que je suis? Y ajouterai-je d'abondantes prières pour l'Église, pour les pécheurs et pour le prochain en général? Quelle détermination assurera l'accomplissement de ces devoirs sacrés? Qu'ai-je surtout à sacrifier pour que mon holocauste soit consommé?

Hier, j'ai médité sur le saint Sacrement; ai-je des mesures à prendre pour que ma dévotion envers la divine Eucharistie satisfasse complètement le bon Maître?

II. Quelle sera, dans ma conduite, la part faite au zèle? — Au commencement de ma retraite, je me suis promis d'avoir désormais une résolution appliquée à un règlement de vie conforme à mon état. Aujourd'hui il s'agit d'examiner et de déterminer dans quelle mesure ce règlement de vie contiendra l'élément du zèle. Il est bien à désirer que je sois généreux sur ce point, tant à cause de mes intérêts éternels que pour faire plaisir à mon Sauveur et à mon Dieu.

Les uns ont un zèle qui se contente de promettre le simple et fidèle accomplissement de ce qui est imposé comme devoir. C'est déjà beaucoup. Sera-ce suffisant pour moi?

D'autres plus généreux se proposent d'ajouter aux obligations d'état un surérogatoire apostolique. Suis-je décidé à entrer dans cette catégorie?

D'autres, enfin, vont jusqu'à se faire une existence tout entière consacrée au service du Sauveur et des âmes, de façon que plus une minute, plus une parcelle d'action ou de souffrance ne soit dérobée à l'œuvre de la Rédemption. Aurai-je aussi le bonheur de m'imposer cette loi?

N'y a-t-il pas, dans ma personne et ma conduite, des défauts propres à compromettre mon apostolat et les services que je puis rendre? Et s'il y en a, sera-ce le cas de leur appliquer, à eux tout d'abord, le remède de l'imitation de Jésus-Christ?

Quelle que soit la réponse à ces questions, il faudra parcourir un à un les devoirs, soit rigoureux, soit surérogatoires, imposés par le zèle; et voir s'il y a quelque chose à corriger ou à perfectionner.

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