LE MYSTÈRE DE LA CROIX
Ce l'ut dans une pensée toute charitable que le Père, le Fils et le Saint-Esprit décidèrent de sauver le monde, non par le plaisir, mais par la croix. Ainsi la charité divine satisfaisait mieux le désir et l'espoir de nous sauver et d'obtenir notre cœur. Ainsi, elle nous rendait un autre service non moins signalé : en choisissant la croix, elle nous guérissait de notre aveuglement ; elle détruisait en nous la fausse et pernicieuse estime des biens du monde; elle nous faisait comprendre les admirables perfections de notre Dieu qui se sert pour arriver à ses lins d'un moyen aussi étrange ; enfin, elle nous préparait le céleste avantage de trouver le bien dans le mal de la peine et le bonheur dans le malheur. Notre Rédempteur est donc Jésus, mais Jésus crucifié.
Jésus crucifié, c'est d'abord la pauvreté : il a voulu nous sauver en pauvre, pour que le danger des richesses fût dès lors conjuré.
Jésus crucifié, c'est ensuite la souffrance; il a voulu nous sauver en pâtissant, pour que la douleur qui inonde le monde pût être sanctifiée.
Jésus crucifié, c'est enfin l'humilité : il s'est anéanti pour que la plaie de notre orgueil ne fût pas incurable.
Crucifié, il veut que ses instruments et ses ministres le soient également. Il le veut pour sa gloire ; il le veut pour le bien des hommes qui, s'ils étaient sauvés autrement que par la croix, trouveraient dans leur salut même, des