‹ Le retour continuel a DieuChapitre 79 sur 146 · LA LUXURE · texte numérisé non relu

LA LUXURE

La luxure, c'est l'homme devenu semblable à ranimai. C'est la fureur pour le plaisir déraisonnable des sens, jointe à l'horreur pour la mortification raisonnable et nécessaire. C'est, parmi les plaisirs sensuels, une préférence pour celui qu'on nomrrfê le plaisir de la chair.

Vice aussi naturel à l'homme que la nature même. Vice indéracinable. Vice toujours prêt à se réveiller, même après des années d'assoupissement ; vice dont les attaques, quand elles sont violentes, semblent enlever à l'homme sa foi et sa raison. Vice invincible, quand il a pour lui et avec lui l'occasion volontaire. Vice dont la force est centuplée quand il a pour complice la passion du cœur* Vice qui fait pécher l'homme tout entier, en tout temps et en tout lieu. Vice qui jette dans des excès contre nature. Vice dont le démon cherche surtout à souiller les âmes consacrées à Jésus- Christ. Vice qui peuple l'enfer d'hommes comme l'orgueil l'a peuplé de démons. Vice qui est le dernier mot de la réprobation de l'homme comme la vertu contraire l'est de son salut.

Vice qui a pour compagnes la gourmandise, la mondanité, la liberté des sens et du cœur et, en général, tout ce qui se rapporte au sensualisme.

Vice qui se présente le premier à la porte de toute âme infidèle sur d'autres points.

Il importe que je pèse les questions suivantes :

I. Ou bien présence certaine de ce vice, ou bien chasteté douteuse. Sur la présence certaine de l'impureté, personne ne saurait se méprendre. Quant à la chasteté douteuse, voici ses principaux caractères : tentations indirectement volon-

taires; résistances incomplètes; présence de misères peutêtre gravement coupables dans leurs causes; chutes certaines douteusement réparées.

II. Chasteté, mais présence de certaines causes prochaines de tentations. Existence facile et peu modifiée. Imparfaite modestie des yeux. Imparfait détachement du cœur. Imparfait renoncement aux satisfactions des sens. Imparfaite tempérance, et par suite, retour ou présence de certains restes de misères et de tentations ternissant l'innocence.

III. Absence de causes prochaines de tentations, mais présence de causes éloignées. Refus fait à Dieu d'un certain degré de mortification dans les sens, les affections et les goûts naturels, et en conséquence quelques derniers restes de misères reparaissant de temps en temps.

LA PÉNITENCE ET L-'lMPÉNITEXCE.

Pour lange déclin, impossibilité du repentir et du pardon; pour l'homme pécheur, divine miséricorde. Jésus- Christ a fait pénitence pour nous; et, par sa pénitence, il nous a mérité la grâce du repentir et la grâce du pardon.

De ces deux trésors divins il a fait un sacrement dans lequel le repentir est apporté par le pécheur, et le pardon est donné par le prêtre.

Cettepénitenceesten même tempsune loi. A l'observation de cette loi, Dieu et Jésus-Christ son Fils tiennent de toutes les forces .de leur amour, parce qu'ils y voient leur gloire et le retour de leur enfant prodigue. Aussi demandent-ils qu'à l'usage du sacrement nous joignions celui de la pénitence spirituelle et habituelle. Et c'est sur notre mesure de pénitence que Notre-Seigneur plus tard fixera son jugement.

Ilékis! nous sommes ravagés par le fléau de l'impénitence. Impénitence radicale, parce que, de nous-mêmes, nous ne pouvons pas nous repentir ; impémlence obstinée parce que, Notre- Seigneur nous offrant la grâce de la contrition, nous ne voulons pas nous repentir, ce qui afflige notre Dieu plus que le péché lui-même; impénitence révoltante, parce que nous mêlons la prétention d'être un jour pardonnes à celle de continuer à pécher; impénitence déguisée, parce que nous osons nous repentir d'un péché sans nous repentir d'un autre ; impénitence qui se ment à elle-même, parce que, nous promettant de quitter le mal, nous voulons en conserver la cause; impénitence souverainement injurieuse à Dieu quand elle consiste dans la tiédeur, parce qu'alors, nous coupons pour ainsi dire le péché en deux pour nous permettre le mal véniel sans scrupule et sans crainte; impénitence commune parmi les hommes, parce que bien rares sont ceux qui ont renoncé entièrement au péché ; impénitence cruelle, parce que trop souvent elle est imposée tyranniquement à l'homme par le démon de la fausse honte; impénitence fatale, parce que blessant au vif le cœur de Dieu, elle nous met vis-à-vis de lui dans un état d'opposition constante, et que non seulement un seul péché mortel, mais même un seul péché véniel avec lequel nous avons fait la paix, suffit pour nous exposer a l'abandon du Seigneur et à la damnation ; impénitence qui par conséquent doit être recherchée et combattue jusque dans les moindres replis de notre conscience.

En somme, le problème de notre vie ici-bas se résume presque tout entier dans cette question : Serai-je un pénitent ou un impénitent? Dieu notre Père et Jésus-Christ notre Sauveur attendent avec anxiété notre réponse surtout pendant cette retraite.

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