Le retour d'âge
Je me sens l'humeur d'un dogue, savant que la nouvelle, publiée par ces journaux — les journaux du « mâtin » — d'un grave incident à la frontière de l'Est, aurait amené à considérer l'éventualité d'une nouvelle guerre franco-allemande et, par
... Sur la transformation possible de ses côtelettes en mutton-chops.
suite, à concevoir quelque crainte sur la
(1) Extraits du Journal de Maugis.
ë Le retour b'AGË
transformation possible de ses côtelettes en muiton-chops. (Ce dogue aurait recueilli, de la gueule d'un ancêtre ayant ouï parler du siège de Paris, d'inquiétantes anecdotes obsidionales).
Et je bougonne! et je rogne!... — Pourquoi ? — Sais pas...
Eh bien si, je sais... Je sais même très bien. Cette morosité agressive m'empoisonne depuis que j^ii dépouillé mon courrier. Or, Tanalogie purement verbale qu'on peut établir entre celte opération innocente et l'attaque de la diligence lyonnaise par le sosie de l'infortuné Lesurques n'a pu suffire à m'exaspérer.
Il faut donc que cette irritation me vienne d'une des lettres apportées par ma concierge.
11 y en a dix-huit, sept de moins que dans Talphabet.
« Laquelle est la cause? » ainsi que s'exprimait Othello, jaloux cxpéditif, de la race des }iIores qui vont vite.
En procédant par élimination, j'écarte d'abord ce billet assez doux :
Le chef de vente de la Librairie Albin Michel a le plaisir d'informer M. Henry Maugis que le vingliènie mille d'.l draps ouverts est presque épuisé et que, vrai-
Lfc HtTOLU D'AGt 1
seiîihlablemcnt, co spirituel roman ne s'arrôlera pas en si beau chemin, les gares eu ayant encore redemandé...
Ail ! les braves gares !
Tiens, au fait, il urge de passer dans cette active maison d'éditions; j'aurai plaisir à serrer la main du caissier.
Je ne puis non plus attribuer une part de mon ennui à cette requête d^un ingénu de province :
Monsieur et cher .Maitrc,
Lecteur assidu de vos brillantes chroniques musicales, j'ose réclanior de votre obligeance l'hospitalité des colonnos de votre honoré journal pour la petite note ci-jointe :
(( Toute la société de Bressy-lès-Nantes s'était donné « rendez-vous avant hier à la charmante soirée ou (( M. Libaudière avait convié l'élite de la coquette et « artistique cité. On applaudit au cours de cette petite fête, « dont tous les assistants garderont le souvenir, M"" Cé- « lesline de Frémont dans la Prière d'une Vierge et les (( Stances de Flêçjier — M"' Ernestine de Frémont, sa (f sœur cadette, dans le Vnm brisé — et M. Adalbert de (( Frémont, leur second frère, dans la Bénédiction. On « acclama le magnifique mezzo de M"" Busenel, la « femme du sympathique conseiller municipal, dans Si (( vous n avez rien à me dire (paroles de la Baronne de (( Rothschild, musique de Victor Hugo), enlin la virtuo- « site du maître de la maison, M. Libaudière, exécutant « sur la mandoline, avec un brio que bien des profes- « sionnels lui eussent envié, un morceau dune fantaisie « endialdée intitulé suggestivement .1 pouffer de rire.
« Après quoi une joj'cuse sauterie mit tout le monde (( en branle, tant et si bien que, lorsqu'on songea à se « séparer, il était près d'une heure du matin ».
J'ose espérer, Monsieur et cher maître, que vous excu-
serez mon indiscrétion. J'ai surtout rédigé cette note pour faire plaisir à M"" Libaudière et avec l'obligeant concours d'un correspondant du Courrier d'Haïphoriff, M. Henri Laumonier, qui s'occupe de littérature à ses moments perdus.
Quelle couche ! Je ne connais pas le père de ce reportaillon colonial, mais il évoque le nom d'une fable de La Fontaine : Laumonier? Son fils est Tâne.
A une autre !
Voici qui ne saurait me tirer des pleurs (si vice m'effleurait, comme dit Horace), une invitation signée d'une professionnelle de la vieille galanterie française, flatteusement renseignée sur mon sens esthétique :
Monsieur, Vous sachant amateur de jolis bibelots, je serais heureuse de mettre à votre disposition une collection de mignonnes statuettes qui vous plairont certainement.
En attendant l'honneur de votre visite, je vous prie d'agréer, Monsieur, toute ma considération la plus distinguée.
Comtesse de Macette, Rue de Siam, 46, au 2* étage, à droite.
,,. . . .. Ne pas s'adresser au concierge.
Mignonnes statuettes. ^ °
— Connue, celle-là ! Quand on s'amène, on tombe sur un lot de gonzci^scs, entre-
lardées comme Jeanne Bloch, dont chacune pourrait prendre pour devise : « Le tas, c'est moi ! » Les Tanagras annoncées sont des Tanagras doubles. S'il n'y a que moi pour aller expertiser les figurines de la Comtesse !
Mon cœur, bardé d'un triple airain, ne s'émeut pas davantage du placet astucieux rédigé par un ponte (à dormir debout) qui me tutoie, pas fier, bien que je l'ignore totalement.
Mon cher ami, Bien que nous ne nous soyons pas revus depuis l'Ecole de Droit (— vingt ans de ça, comme ça me rajeunit! — ) je crois pouvoir me rappeler à ton bienveillant souvenir. Si je ne t'ai pas donné plus souvent de mes nouvelles ( — je ne m'en consolerai jamais — ) c'est que j'ai été très occupé ( — à quelles besognes, Seigneur ? — ) mais je n'en ai pas moins suivi de loin les étapes de ta brillante carrière (— Il a dû collaborer avec Paul Brulat, c'est pas possible ! — ) Ah tu en as fait du chemin ! — (Toutes ces étapes me font pressentir la tape — ) Te voilà devenu célèbre : tu brilles au premier plan de ces physionomies bien parisiennes... ( — vingt lignes de ce style-là! — ) Moi, je n'ai pas eu de chance... ( — Aïe! — ) Pourrais-tu, en souvenir du bon vieux temps ( — Je l'attendais — ) m'envoyer cinq louis... (Et allez donc ! — )... petite somme... peu pour toi, beaucoup pour moi!... remboursement... premier jour... sans faute... merci d'avance...
Et cela est signé Durand... Durand? il me semble que ce nom là ne m'est pas inconnu... mais du tapeur, il ne me sou-
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vient pas. D'ailleurs, n'importe, des cent halles espérées, Durand ne recevra que la peau : mais je lui enverrai un exemplaire îVA draps ouverts; il ne manquera pas (Teii conclure que je ne lui dois plus que D7 francs !
^'oici, pieusement remerciant pour des exeiiq)laires lVA draps ouverts, quatre billets extasiés, d'un lyrisme un peu kukii, (^oiniue parlent les Roumains, mais gonliés de bonnes intentions. A les lire, on ne doute point que j'aie doté la littérature française d'une manière de chef d'œuvre et, bien que mensongères follement, ces pages de critique gobeuse ne m'ont point contristé !
Je puis éliminer encore, comme certainement étrangères à mon humeur saumàtre, les honorées de huit virtuoses du violon, du violoncelle et de la harpe qui souhaitent passionnément ma présence h leurs concerts respectifs : bien qu'instrumentistes à cordes, tous se réclament du piston de journaleux qui peuvent favoriser la vente de mon bouquin : je n'ai donc rien à leur refuser. Cela revient à dire que mon absence est assurée à leurs séances, mais que je les mentionnerai, gentiment,
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dans mes « propos d'Ouvreuse '>. A chacun d'eux, en outre, un exemplaire d'/l draps ouverts.
Et voici la lettre anonyme, la lettre « de faire pour », indis[)ensable au courrier de tout écrivain. On dirait l'Ecriture d'Henry Ner... Elle me couvre d'injures avariées, m'incite à m'occuper d'agriculture plutôt que de critique musicale, me convie à repasser ma grammaire, me laisse entrevoir qu'on en sait assez sur mon compte pour m'imposer silence, etc. etc.
Ce n'est pas à elle, pourtant, que je dois d'être à cran ce matin, je ne dis plus comme un dogue, mais comme un chien de pistolet : au « cran de Tarmé » ; elle m'a laissé si indifférent — la grande habitude... — que, sans rancune, j'enverrais volontiers à son auteur un exemplaire d'^4 drap ouverts si, dans son zèle à remplir exactement ses quatre pages, ce mufle il n'avait omis de réserver une place pour sa signature.
Cette lettre est, si je ne me trompe, la dix-septième... ce qui dans Talphabet, la qualifierait assez justement.
Il n'en reste plus qu'une — et c'est celle-là!
i% LE RETOUR D'AGE
Parbleu ! j'aurais pu commencer par elle et m'épargner ce misérable chiqué d'une révision de ma correspondance...
car il est inutile de me cacher plus longtemps que, seul, m'a mis à la grinche cet autographe de Léon Payet, banal comme toute la littérature exsudée par ce romancier fadasse :
Mon cher confrère,
Ce m'est une joie de vous dire que vous n'avez pas de lecteur plus assidu que moi. Votre dernier article m'a particulièrement ravi, puisque j'ai eu l'agréable surprise de m'y voir cité parmi les auditeurs que vous avez reconnus dimanche dernier chez Chevillard ; surtout, j'ai été très touché de l'ingénieuse obligeance et de l'aimable confraternité qui vous iît mentionner à ce propos mon roman Un drame du cœur. Et puisque vous m'avez « reconnu » permettez-moi de vous exprimer mon très vif désir de vous « connaître » personnellement. Ma femme qui, plus heureuse que moi, a déjà eu le plaisir de vous rencontrer chez des amis communs, me charge de vous dire qu'on trouvera chez elle, mercredi, vers cinq heures, du thé et quelques pâtisseries. Elle serait enchantée si vous vous laissiez tenter par ce mince régal ; et je prends, moi, la liberté de joindre mes instances aux siennes, parce que je vois là une occasion prochaine de vous serrer la main.
Croyez, mon cher confrère, à ma sympathie très vive.
LÉON Payet.
Et voilà ! (( Voilà la cause 1 » {Othello toujours).
Ça n'a l'air de rien, ces amabilités à la
LE HETOIIR D'ACE
guimauve : c'est d'elles seules, pourtant, que vient mon désir rageur de gifler à pleines mains quelque innocente cafetière (aux innocents les mains pleines).
Antinomie bizarre : cette lettre me met hors de moi, parce qu'elle me force à rentrer en moi-même. J'y rentre donc — par une porte, comme M™MeSaint-V..., bâtarde — ^je gratte des allumettes métaphoriques à seule fin de « porter résolument les lumières de la critique la plus serrée dans les recoins de ma conscience » (ça c'est du Payet de derrière les fagots), et je constate, en mon for intérieur, quelques lézardes.
Lors de mes dernièresinspections, pourtant, mon petit arsenal intime apparaissait en fort bon état, J'y découvre aujour^
ig^ Mon désir rageur de gifler quelque innoceule cafetière.
d'hui des lacunes graves et un désordre inaccoutumé.
Lâchons ce jargon ridiculement imagé, qui me donne Tair d'avoir bu un coup de tropes: j'ai le sentiment que je file un mauvais coton, un coton si détestable qu'à peine oserait-on en garnir les esgourdes asines du cacographe Henry Ner, conques malpropres.
Et si je peste, ce matin, si je ne sais par quel bout me prendre, bâton nerveux, c'est parce que je m'intéresse à M™' Léon Payet.
Je « m'intéresse »: rien de plus... du moin?!, je cherche à me persuader.
Je ne suis pas curieux... mais je voudrais savoir si cette petite personne se laisserait, ainsi qu'il m'a semblé, aller à TAventure, ou s'il ne faut voir en elle qu'une de ces bécassses mondaines, niaisement avides de passer pour grues, une allumeuse par pose, une simulatrice qui marque le pas pour faire croire qu'elle va marcher.
Et, justement, cette curiosité, anormale chez moi, m'inquiète : j'y découvre, dont je m'alarme, un commencement de dérogation à de sages règles de vie (exprès-
LK RKTOin D'AGK 13
sion exacte même en ses assonances) dès longtemps adoptées et dont l'obsorvance m'a procuré jusqu'ici un bonlieur calme et raisonné: suis-je donc en passe de renier toute une philosopliie intime et personnelle, mon petit Kant-à-moi, fondé, comme l'autre, sur rAmoral — avec un A privatif qui n^ndique pas que je me so'S jamais privé de rien?
Je ne m'en fais pas accroire, mais je me loue, du moins, sans réserves, d'avoir î^u de très bonne beure comprendre une vérité essentielle : les travaux de l'esprit n'ont rien à voir avec les joies de la chair, et il importe à un gendelettre de ne les pas confondre — et de ne mêler point les torchons radieux du Travail avec les serviettes de la Volupté.
Sans doute, on pourrait relever, dans les Œuvres Complètes de la Palisse, des constatations ruisselantes du même imprévu. Et je ne me vante point d'avoir découvert cette vérité évidemment évidente : mon seul mérite, mince peut-être, mais assez rare, est d'avoir su, au rebours de mes contemporains, y conformer ma règle d'inconduite. Contraint] de turbiner, faute d'une for-
tune suffisante pour satisfaire mes goûts (prononcez : vices) j'ai voulu que mon cerveau, instrument de travail, fonctionnât indépendamment de mon corps, instrument de plaisir. Tout se paie, comme disait la princesse Padovani à cet élégant arriviste de Paul Astier; tout se paie, le plaisir surtout. Il faut donc que mon travail se mue en capital (à toi, Cari Marx !), c'est-à-dire en pépettes sonnantes, braise dorée, succulente galette, lourds doublons, sonores rixdales, picaillons joyeux, thunes rondelettes, cigs au tintement clair, pèse trébuchant, coupures bleutées, plaques de nacre, piastres innombrables, florins à la pelle, livres sterling au tas et maravedis au tonneau ! Car rien, ici-bas, ne s'obtient qu'à la force du pognon ou par persuasif chantage, avec musique d'Aubert,
Adoncques, je n'ai point souffert que mon cerveau-outil se mêlât à mon sexe... (à bon entendeur, phallus) et s'usât, même par exception, à d'autres tâches qu'aux argentifères ; et j'ai renoncé gaillardement à ces psychologiques foutaises où l'esprit se galvaude : flirts et bouquets k Oblori^e intrigues, hiîleN doux, poéaiew
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galantes (tous les hygiénistes signalent le danger du petit vers), bref, j'ai brûlé toutes les stations de la Carte du Tendre, ce chemin de fer de... ceinture, pour élire domicile dans un Terminus confortable et définitif. Tout le reste, qui n'est pas littérature, c'est du temps perdu, et de l'argent, et de rintelligence : ça s'équivaut du reste, et même ça s'équivache — si l'on juge que mon petit système n'est pas exempt de rosserie.
Oh I je ne l'ai pas appliqué dès le berceau ! J'ai eu, comme les camarades, mes années d'apprenti pas sage : pour conquérir des femmes « à l'œil » (rêve ingénu de l'adolescence) j'ai, jusqu'aux environs de ma vingt-cinquième année, dépensé plus d'argent que ne m'eussent coûté, durant les inévitables travaux d'approche, des entretiens quotidiens, dirigés à ma guise, avec des tarifées somptueuses et accommodantes... de ces entretiens dont je puis dire aujourd'hui : « Un entretien vaut mieux que deux tu Tauras! )>... Et c'est miracle que je ne me sois pas alors, comme tous mes copains, enlisé jusqu'au cou dans quelque fangeux collage.
Cette bonne rosse de Jim Smiley a bien
raconté, dans Maîtresse d'Esthètes, que je m'étais épris d'une femme à barbe exhibée à la foire de Neuilly, que le désir de la voir à poils m'avait incité à demander sa main, et que, seul, m'avait pu guérir in extremis de cette passion pileuse et piteuse Faspect soudain de ma llancéo sortant, alors que je la venais chercher pour la présenter à ma famille, d'un salon de coiffure où elle venait de se faire raser comme un ponton... D'ailleurs, Userait de ponton de ne pas insister, car cette anecdote, bien trouvée, mais controuvée, ne mérite pas plus de créance que le boniment d'un purotin incapable de payer les siennes.
Je n'en dois pas moins un demi-cierge à ce fumiste de Smileypour m'avoir détaché à la force du poignet d'une certaine ]\Ionna au tempérament excessif, dont les « passades » m'eussent conduit du gâtisme au tombeau ; vers cette fin désolante convergeaient, si j'ose dire, ses manœuvres directes et sa manie de courir les pincedos pour asticoter les roulures qui viennent y secouer leur linge sale en famille, ce qui m'eût immanquablement valu, un vilain soir, quelque coup de lingue bien
Le HETOLU U'ACit 19
servi par un de ces messieurs qui ne se conforment point à la « Défense de suriner » inscrite aux tables de la Loi.
Sniiley, du reste, ne faisait que me rendre — le mot s'impose — la Monna de ma i)icce : avais-je dû, précédemment, en employer des arguments à la benzine pour le détacher (moi aussi!) dune gadoue (pii le trompait « à couche ([iie veux- tu, ^> comme disent encore ceux de mes élèves qui opèrent avec succès dans les feuilles départementales.
Et Frantz Brotteaux, le sculpteur... Unbeau gars, bûcheur, plein de talent . . . Après quelques semaines de conversations avec la petite Vouillard(Ysolde), hystérique aggravée de prétentions esthélicosymbolardes, il offrait un si navrant v\spect qu'il eût attendri la bidoche servie dans les bouffing-cars de la ligne du Nord!... Il confondait Bartholdi avec Bartholomé, le sénateur Bérenger
Smiky emporta pai peau du cou.
âO
avec un homme de bonne foi, et finissaît par lâcher l'ébauchoir pour les nuits blanches, sous prétexte que « toute réalisation amoindrirait l'idéale beauté de son rêve. » Non! je vous dis... quand ces diables de boueux se mettent à avoir des idées!... Enfin, les prévoyants de Favenir attendaient le jour où Ton ramasserait
... Comme disait la vache que la vieille locomotive regardait paître...
mon Brotteaux à la pelle (pauvre Frantz I) quand le terre-neuve Smiley, résolument, l'emporta par la peau du cou, celle qui se décolle, jusqu'à la gare Montparnasse, et le hissa dans un train qui s'en allait vers la famille provinciale du pauvre esculpteur.
LE RETOIR D'AfJE
SI
Par un juste retour des choses d'icibas, notre commun sauveteur, Smiley lui-même, ne tarda point à mettre son expérience à profit pour s'emménager de nouveau avec sa Clarisse , une de ces blondes à la seccotine, qui excellent à vous(( créer un intérieur ».
Elle faillit le rendre fou par la sérénité tenace qu'elle apporta à figurer Fange du foyer. . .
Et Yves de Kerkrist, fin-
Par la sérénité qu'elle apporta àffigurer l'auge du foyer.
fatigable explorateur, devenu un quelcon-
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que exploraté, qui ne souhaitait plus découvrir d'autres li<'misphères que ceux de la Môme IMcrate... (ilobe-trotter mué en globe-peloteur ! Et Chose ! Et Machin ! Et Tutti Quanti que j'oubliais !
Le spectacle, sans cesse renouvelé, de leurs gaffes et de leurs misères me fut une morale en actions — libérées. Et ces exemples vivants m'étaient rendus plus profitables par la frousse rétrospective qui m'envahissait, à penser que, sans ce vieux Smiley, je fusse devenu pareillement ridicule et lamentable — celui, comme dit Maeterlinck, que Monna vanna.
Et c'est ainsi que je suis parvenu à la Grande Sagesse, qui consiste à ne point mêler le sentiment à la sensualité, et même à proscrire le sentiment tout à fait. Par là, ma vie s'est merveilleusement simplifiée : le cœur à Taise, j'ai pu me consacrer à Texploitation calme et régulière de mes talents.
En quelle estime mes arrières neveux tiendront-ils mon œuvre complète ? Je m'en fous : elle aura donné de mon vivant tout ce que j'en attendais, mon œuvre complète ! Rien ne me manque de ce que