CHAPITRE IV l'exil
I. — Le gouverneur de l'île d'Elbe, le général Dalesme, ignorant les événements passés sur le continent, veut s'opposer au débarquement de l'Empereur.
— Sur une lettre écrite par Napoléon, que lui porte le général Drouot, le général Dalesme vient, à bord delà frégate anglaise, présenter ses hommages au nouveau souverain de l'île. — Débarquement de l'Empereur à Porto-Ferrajo. — Il y est reçu avec enthousiasme par les Elbois, et conduit en grande pompe à la petite église de la ville. — Un Te Deum y est chanté. — Première réception des autorités elboises à l'hôtel de ville. — Après ces audiences Napoléon se fait amener un cheval, afin de visiter la campagne qui entoure Porto-Ferrajo. — Etonnement des Elbois. — L'Empereur, ensuite, annonce à Pons de l'Hérault, administrateur des mines, qu'il ira déjeuner aux mines le lendemain matin. — Effarement de Pons de l'Hérault à cette nouvelle. — Ne trouvant point de maison à sa convenance à Porto-Ferrajo, Napoléon prend le parti de se faire construire une habitation à la place de moulins à vent, situés au sommet de la ville; et à cause de cela, cette habitation (les Elbois disaient palais) prend le nom de Mulini. — L'Empereur se constitue une sorte de cour et nomme des fonctionnaires, chambellans, aides de camp, magistrats, choisis parmi les notables du pays. — Dénombrement des serviteurs attachés à sa maison; dér ombrement et noms de ses chevaux.
II. — Les revenus que lui assurent les ressources de l'île. — Première fête offerte aux Elbois, à l'hôtel de ville. — Arrivée de la Garde, le 26 mai. — Comment elle a traversé la France, sous le commandement de Cambronne.
— La Uottille de Napoléon; quel officier la commande.
III. — Les travaux entrepris par l'Empereur dans l'île. — Ses recherches de terrains propres à la culture des céréales. — Il prend possession de la petite île de Pianosa, voisine de l'île d'Elbe. — Impatient d'être chez lui, il presse les travaux des Mulini. — Il s'y installe avant l'achèvement des travaux, avant le séchage des peintures. — Comment il meuble son palais. — Sa première fête donnée aux Mulini.
IV. — Afin de posséder une maison de plaisance, hors de sa petite capitale, il achète une petite propriété, un vignoble plutôt, à San Martino, à quelques kilomètres de Porto-Ferrajo. — Les grognards donnent à cette maison le nom de Saint-Cloud. — De ce côté-là, ils dirigent leurs promenades -pour manger les raisins des vignes. « Si elles sont à l'Empereur, disent-ils, elles sont à eux aussi.» — San-Martino bientôt ne lui suffit plus : l'air n'y est point assez léger, assez frais. — Il trouve ce qui lui convient à Monte-Giove, au hameau de Marciana, dans un ermitage, dont il expulse l'ermite. — Il va y séjourner après le 15 août, après la célébration de sa fête. — Il y fait venir sa mère, arrivée à l'île d'Elbe depuis quelques semaines.
/. — Son séjou"- à Marciana se prolonge. — 11 y attend la visite de la grande
dame polonaise, Waleska, devenue sa maîtresse, pendant son passage en Pologne. — Waleska passe quelques jours à Marciana, près de Napoléon, et elle le quitte un jour de tempête, afin d'échapper à la curiosité des Elbois. — Satisfaction de Napoléon, lors de cette visite. — Il vivait trop seul; ce qui lui faisait désirer la venue de Marie-Louise près de lui. — Affluence des étrangers à Porto-Ferrajo. — Dans le nombre beaucoup d'intrigants, d'intrigantes et d'aventuriers.
VL — Espions contre Napoléon, installés à l'île d'Eibe ou en Italie. — SirNeil Campbell, pour l'Angleterre. — A Livourne, Mariotti, pour la France. — Bruits répandus en France sur l'Empereur; les royalistes affirment qu'il devient fou.
VII. — Tristesses de l'Empereur. — L'argent lui manque. — Ses ressources ne sont point équivalentes à ses besoins. — Sa résolution de quitter l'île d'Elbe.
— Précautions prises pour dépister ses surveillants et masquer ses projets.
— Travaux qu'il ordonne; fêtes qu'il annonce. — Sa sœur Pauline, arrivée depuis quelques mois, organise aux Mulini des bals et des représentations théâtrales.
VIII. — Arrivée à Porto-Ferrajo de Fleury de Chaboulon, envoyé par le duc de Bassano. — Entrevue de l'Empereur avec ce jeune émissaire. — Révélations de Fleury de Chaboulon. — Il apprend à l'Empereur la désaffection de la France pour les Bourbons et l'attente du peuple et de l'armée qui espèrent toujours en lui.
IX. — Cette entrevue fit précipiter le départ de l'Empereur de l'île d'Elbe. — Il révèle ses projets à son entourage; à Bertrand qui les accueille avec joie; à Drouot qui ne dit mot, considérant cette entreprise comme néfaste. — Aveux de Napoléon à sa mère et à sa sœur Pauline. — Sa mère ne s'oppose point à sa résolution; sa sœur Pauline fond en larmes. — Chagrin des Elbois à cette nouvelle. — L'Empereur nomme une junte, qui administrera l'île en son nom. — Joie des vieux grognards. — Embarquement di la Garde, sous la conduite de Drouot. — De quels navires se compose la flottille, qui va porter la fortune de César. — Adieux de Napoléon aux Elbois 83
CHAPITP.E V
Les vents contraires forcent Napoléon à stationner immobile, ainsi que toute sa flottille, dans la rade de Porto-Ferrajo. — Impatience et craintes de l'Empereur. — Si Campbell, absent de l'île, à ce moment-là, fût revenu inopinément,
il se serait opposé, même par la force, à ce départ Campbell, averti en Italie
de ce qui se passait dans l'île, y revient en toute hâte. — A première vue, il constate le départ de Napoléon. — Il tâche d'intimider la comtesse Bertrand,
mais sans succès; de même la mère de l'Empereur et la princesse Pauline
Il reprend la route de l'Italie afin d'envoyer des vaisseaux anglais à la poursuite delafiottille elboise L'Empereur a pu fuir avec les vents favorables;
il échappe aux Anglais. — Nul incident pendant la traversée, si ce n'est la rencontre d'un petit navire qui interroge le capitaine de la corvette elboise sur laquelle se trouve l'Empereur. — Il a fait coucher ses grenadiers sur le pont, afin de les soustraire à la vue du capitaine rencontré. — Napoléon n'ayant plus de raison de dissimulerses projets, les révèle à son équipage. — Joie profonde sur tous les petits navires. — L'Empereur fait copier par ses soldats qui ont la plus belle écriture se i proclamations préparées et destinées àêtrorépan- ,' duos en France. — Le 1" mars il se trouve devant Antibes et se dispose à ' débarquer avec sa Garde 14f .
dame polonaise. Waleska, devenue sa maîtresse, pendant son passage en Po> logne. — Waleska passe quelques jours à Marciana, près de Napoléon, et elle le quille un jour de tempête, aûn d'échapper à la curiosité des Elbois. — Satisfaction de Napoléon, lors de cette visite. — 11 vivait trop seul; ce qui lui faisait désirer la venue de Marie-Louise près de lui. — Affluence des étrangers à Porlo-Ferrajo. — Dans le nombre beaucoup d'intrigants, d'intri* gantes et d'aventuriers.
VI. — Espions contre Napoléon, installés à l'Ile d'Eibe ou en Italie. — SirNeil Campbell, pour l'Angleterre. — A Livourne, Mariotti. pour la France. — Bruits répandus en France sur l'Empereur; les royalistes affirment qu'il de* vient foa.
VII. — Tristesses de l'Empereur. — L'argent lui manque. — Ses ressources ne sont point équivalentes à ses besoins. — Sa résolution de quitter l'Ile d'Elbe.
— Précautions prises pour dépister ses surveillants et masquer ses projets.
— Travaux qu'il ordonne; fêtes qu'il annonce. — Sa sœur Pauline, arrivée depuis quelques mois, organise aux Mulini des bals et des représentations théâtrales.
VIII. — Arrivée à Porto-Ferrajo de Fleury de Chaboulon, envoyé par le duc de Bassano. — Entrevue de l'Empereur avec ce jeune émissaire. — Révélations de Fleury de Chaboulon. — Il apprend à l'Empereur la désaffection de la France pour les Bourbons et l'attente du peuple et de l'armée qui espèrent toujours en lui.
IX. — Cette entrevue fll précipiter le départ de l'Empereur de l'Ile d'Elbe. — Il révèle ses projets à son entourage; à Bertrand qui les accueille avec joie; à Drouot qui ne dit mol, considérant cette entreprise comme néfaste. — Aveux de Napoléon à sa mère et à sa sœur Pauline. — Sa mère ne s'oppose point à sa résolution; sa sœur Pauline fond en larmes. — Chagrin des Elbois à cette nouvelle. — L'Empereur nomme une junte, qui administrera l'ile en son nom. — Joie des vieux grognards. — Embarquement do la Garde, sous la conduite de Drouot. — D% quels navires se compose la flottille, qui va porter la fortune de César. — Adieux de Napoléon aux Elbois 83
CHAPITP.E V
LX BXTOVB ▲ FABI8
Les vents contraires forcent Napoléon à stationner immobile, ainsi que toute sa flollille, dans la rade de Porto-Ferrajo. — Impatience et craintes de l'Empereur.— Si Campbell, ubsent de l'ile, à ce moment-là, fût revenu inopinément. il se serait opposé, môme par la force, à ce départ. — Campbell, averti en Italie de ce qui se passait dans l'Ile, y revient en toute hâte. — A première vue, il constate le départ de Napoléon. — Il tâche d'intimider la comtesse Bertrand, mais sans succès; de même la mère de l'Empereur et la princesse Pauline. — Il reprend la route de i'Italio afln d'envoyer des vaisseaux anglais à la poursuite de la flottille elboise. — L'Empereur a pu fuir avccles vents favorables; il échappe aux Anglais. — Nul incident pendant la traversée, si ce n'est la rencontre d'un petit navire qui interroge le capitaine de la corvette elboise sur laquelle se trouve l'Empereur. — lia fait coucher ses grenadiers sur le pont, afln de les soustraire à la vue du capitaine rencontré. — Napoléon n'ayant plus de raison de dissimuler ses projets, les révèle à son équipage. — Joie profonde sur tous les petits navires — L'Empereur fait copier par ses soldats qui ont la plus belle écriture sc4 proclamations préparées et destinées à être répandues en Franco. — Le 1*' mars il se trouve devant Antibes et se dispose à débarquer avec sa Garde 140