MICHEL ET CHRISTINE
Il serait vrai l
STANISLAS
Sans contredit.
JVespect* ceux que l'hymen réclame.
MicnEL , avec joie.
Ah ! Christin1 je l'ai toujours dit Quel bonheur que tu sois ma femme.
STANISLAS
Oui , Michel, on n'a pas besoin de tes services , il y a assez de braves sans toi. Demain Lisa, {à Michel) car c'est elle que j'épouse... demain mon régiment doit se battre encore , et ce n'est pas le jour d'un bataille qu'un grenadier demande un congé... n'est-il pas vrai t ma femme ?.. mais après le combat, je prends ma retraite, je viens m 'établir auprès de vous... je n'ai pas de fortune à t'offrir , mais je travaillerai , je labourerai les champs que j'ai défendus.
CHRISTINE
Vous, Stanislas... ne vous souvient-il plus du dépôt qne vous nous avez confié , et que vous nous aviez promis de venir redemander... tenez , le voilà. (Lui montrant par la f autre.) Regardez de l'autre côté du ruisseau... cette métairie , ces terres qui avoisinent les pâtres.
STANISLAS
One dites-vous... cette belîe ferme?
CHRISTINE
C'est moi qui l'ai fait bâtir.
STANISLAS
Ce joli jardin.
C'est moi qui l'ai soigné.
STANISLAS
Ces champs si fertiles.
MICHEL
C'est moi qui les ai cultivés.
CHRI-TINE.
Tout cJa est à vous... tout cela vous appartient... et vous attend.
STANISLAS
Assez, assez , c'est trop de bonheur pour moi ; posséder à-la- fois des amis comme vous, et une femme comme elle ; Christine , je suis trop payé ; et c'est moi maintenant qui ne peux plus «l'acquitter.
VAUDEVILLF.
Air Nouveau de M. Ileudicr.
CHRISTINE
On voit partir sans une peine extrême, lu sans plaisir, on voit r'venir encor L'froid égoïste qui n'aime que lui-même. Le riche oisif qui n'aime que son or.
Mais ceux dont l'activ' bienfaisance , Dont la bonié se montre chaque jour, Le souvenir les suivit dans l'absence, El l'amitié les accueille au retour.
MICHEL
Pour un époux, une chose assez triste CVsi d'arriver a^t logis impromptu, Tel qui chez lui r vient à ('improviste S'aperçoit trop qu'il n'est pas attendu. Amants , maris , croyez à la constance , Mais par excès de prudence et d'amour, Pour n'avoir pas à gémir d'vot' absence Avertissez toujours de vot' retour.
£t JLA»iï*~*L
•TANISLAS.
Les anciens preux, modèles de courage, Volaient gaîment des plaisirs aux combats , Mais de leur gloire acceptant l'héritage Leurs petits fils ont volé sur leurs pas. Oui , par malheur pour notre belle France Condé , Bayard , Turetwe ont perdu Tjour , Mais l'ennemi trompé par la r'semblance Hier encor les a crus de retour.
lis a , au public.
Si Stanislas jadis a su vous plaire, Il doit à vous . plus qu1à lui , ses succès ; L'aspect touchant d'un brave militaire Fera tonjours Lattre des cœurs français. Pour le revoir après un1 longue absence , Quand vous daignez venir en ce séjour, Il est déjà bien heureux d'vot' présence Mais pourra-t-il compter sur vol' retour.