L SA
Pvlon Dieu!., monsieur le soldat , bien volontiers... ( reperdant une bouteille qui est sur le buffet) je crains seulement que celui-là ne s->it pas assez bon... attendez, ( ouvrant le buffet ] il y -\ là une bouteille de vieux bourgogne... voulez- vous me permettre de vous verser.
STANI LAS
Comment donc, tiens, c'est ma jolie fille de toutà 1 neure.
LISA
O.ii , Monsieur, L'usa , pour vous servir... Monsieur est un compatriote?
» STANISLAS
C'est tout commo... polonais de naissance , et grenadier français par c'a .t. [buvant] A la votre... ah! ça dites-moi , la belle enfant , quelle idée avez- vous d'aller vous mettre ainsi Sons les feux de peloton... vous ciiezlà, immobile , voua n'avez donc pas peur?
LISA
Si vraiment, surtout lorsque je me suis apperçu que j'étais aussi près.
ST\IS"ICLAS.
Eli! bien! alors, pourquoi ne pas vous reculer?
LIS A
• Je ne sais, je n'osais, il me semblait que c'était lâche.
STANISLAS
C'est bien, voilà ce qui s'appelle dp cœur... (buvant) ça me rappelle nos jeunes sold ts , la première fois qu'ils vont au t'en, au piemier coup de canon, on a peur- mais on ne bouge pas... au second, on se fait tuer .. voilà comme se forment les bons soidats. (-11 boit ) Ah ! ça, qu'est-ce que je vous dois?
LISA
Rien.
STANISLAS
Comment rien î apprenez que je paye toujours le vin que je bois... respect aux propriétés.
Air : de Préville.
Dans n t' pays un mili air,) vrille
Pour 1 s lefi ûdr , cl non pour en uSer ;
Si quelquefi is je vidd une bc^iteitle,
Si quel [u'aulr'fois je veux pr ndre un .i^er
Il faut, mot In! que i oa me le p>rme te ;
Mais saiv ce i- V* i ;» ote le \qUip .
El sans ru n prendre . » •> me verra il nGn
Mu'ir l'a -:mir prè. duuc jeune fillette,
Mouiii de soii près d'un1 . Ouieill1 de vin.
Ainsi, voyons, qu'est-ce qu'il vous faut?
LISA
Rien, vous dis- je , et puisque vous ne vous battez que demain , passez la journée ici... il y a, pour vous, à notre feu, et à notre table, une place qui vous attend, et qui vous est réservée.
STANISLAS
A rnoi, que vous ne connaissez pas.
LISA
C'est égal!., ma sœur doit cette maison, cette ferme, tout ce qu'elle possède à la générosité d'un de vos camarades , d'un simple soldat... et tomes les fois qu'il s'en présente un à notre porte . on le fait entrer , on lui donne la pince d'honneur ; et nous le servons comme le maître de la maison.
STANISLAS
Vraiment... Eh bien !.. je reste avec vous ; car vous êtes de braves gens. {A Lisa qui écoute.) Eh bien! qu'avez- vous donc?
LISA
Rien... j'écoutais si mon neveu, le petit Stanislas , ne s'était pas éveillé.
STANISLAS
Votre neveu s'appelle Stanislas ?
LISA
Gai, Monsieur.
STANJSLAS.
Diable ! ce gaillard-là a un bien beau nom.
LISA
C'est ma sœur quia voulu que son fils s'appelât ainsi, en mémoire de son ancien ami, de ce soldat, dont je vous parlais.
Votre sœur? quel est son nom?
LISA
Christine. . .
STANISLAS
Christine!., l'épouse de Michel !..
LISA
Oui, Monsieur.
STANISLAS
Et je suis ici chez eux !.. adieu , adieu , je m'en vais.
LISA
Eh! bien, Monsieur, où allez-vous donc !
STANISLAS
Nulle part, je voulais... {à part) au fait, après cinq ans d'absence... quand je l'aimais , je pouvais craindre sa présence... maintenant que je ne l'aime plus , pourquoi la fuir.
lisa , le regardant.
A qui en a-t-il donc? à parler ainsi tout seul...
STANISLAS
J'ai connu votre sœur autrefois ; et je voudrais aller embrasser son fils.
Pas dans ce moment... il dort , et ma sœur , je crois est sortie ; mais , puisque vous dînez avec nous , vous avez le temps ; vous verrez comme mon neveu est gentil... c'est moi qui suis sa marraine; mais jeme suis prononcée, je n'ai pas voulu d'autre compère que le brave Stanislas, que nous aimons tous... et c'est lui qui l'a été.
STANISLAS
Lui!
LISA
Oui... seulement , comme il n'était pas là , il a fallut qu'un autre le fut par procuration.
STANISLAS
Air : Vaudeville du Petit Courrier.
Et sur qui tomba voire choix ,
Qui donc avez-vous pris , ma ci. ère ?
Francœur... un ancien militaire , Qui n'a que deux jambes de bois.
STANISLAS
Mais d'un rempîac nt aussi grave Stanislas sera ptu fia Lié.
Monsieur, il nous fallait un brave , Pour qu'il, fut l kn représenté.
stamslas , la regardant Comment... même sans nous connaître, il existait déjà, des relations entre nous?
LIS A
Ce que je vous dis-là vous étonne !..
STANISLAS
!NTon , vous êtes si gentille , si aimable, oui, vous êtes bien la sœur de Christine. ( à part, la j^egardant ) Morbleu ! eil^s sont toutes charmantes dans cette famille-là... ( haut ) mais dites-moi , votre sœur a-t-elle été toujours heureuse ?
LISA
OUI non Monsieur , et elie a eu bien du chagrin , depuis qu'elle a perdu son mari.
STANISLAS
Que dites-vous?., e ;e n'a plus de mari !
O ciel! vous palissez !..
STANISLAS
Ce n'est rien... la surprise, l'émotion, de çràre , allez trouver Christine... dites-lui qu'un soldat , un ancien ami voudrait la voir.
lis a , le regardant.
Grands Dieux! quelle idée;!., il se pourrait.
stamslas, à voix basse.
Oui , oui , c'est moi.
LISA
Stanislas !..
STAM.^LAS.
Ne prononcez-pas ce nom , ne lui dites pas.
lis a , le regardant.
Oui .. tant de bonté, de générosité, j'aurais du le reconnaître... j'y vais, j'y vais Monsieur... ah ! que ma sœur va être contente.
( Elle sort en le regardant. )
SCÈ\E V.
STAMSLAS , seul.
Qu'ai-je appris ? je ne puis le croire encore... Christine est veuve... elle est libre.,, et c'est dans un pareil moment que je suis as ez heureux pour la retrouver... railzieux !... je peux à peine résistera mon impatience, à mon inquiétude... allons Stanislas , du courage... toi qui en as eu contre la douleur, ne te laisse pas abattre par l'excès de la joie... on vient, allons ferme, et ne recule pas... car c'est elle.