‹ Le rève: études et observationsChapitre 84 sur 143 · OBSERVATION LVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION LVI

iS octobre 1900. — Mon petit garçon, âgé à ce moment de six ans à peine, se réveille au milieu de la nuit en poussant des cris. Interrogé, il dit qu'un lion veut le manger. Je le rassure, il demeure inquiet pendant cinq minutes. Je continue à lui parler, et finalement il se rendort. '

Ce rêve a son origine dans un fait du jour précédent. Le soir, en revenant de classe, l'enfant passa devant une maison où Ton entendait aboyer des chiens. Une fillette qui raccompagnait lui dit que ces chiens pourraient le manger, et qu'il y avait peut-être des loups avec eux. On devine comment, dans le cours de la nuit, la peur provoquée par cette parole a pu reparaître avec le souvenir de la scène à laquelle elle se rattachait : mais la peur n'a plus présenté à Tesprit de l'enfant la simple possibilité d'être mangé, cette possibilité s'est réalisée. Et le développement de la peur apparaît dans la substitution du lion aux chiens et aux loups; comme si les images de la veille n'étaient pas assez terrifiantes par elles-mêmes, elles sont remplacées par une image plus ancienne, mais aussi plus effrayante, car l'enfant avait vu des lions pendant les vacances précédentes.

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