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OBSERVATION LXIX

Dp P,C.,, (à 1 époque du rêve, étudiant à Dijon). — Je suis logé au lycée de Màcon. J*y ai une chambre et un grenier. Au fond du grenier, sous un auvent de cheminée comme il y en a dans les salles de physique, se trouve un objet indé- Hnissable, en bois tapissé de papier. Sur la paroi de cet objet, j'ai collé un grand nombre de petites maisons que j'ai construites, en papier, et je me donne le plaisir de les incendier. Au milieu de Topéralion, un élève vient en courant me chercher pour aller dans la cour. J'y vais. Puis je reviens en courant. J'ai peur que le feu se soit étendu pendant mon absence. Justement, il s'est étendu. De grandes Qammes léchaient ïo plancher, et on les voyait à travers les fentes des planches, vieilles et pourries. J'ai pris peur, et je suis parti, fermant à clef. J'arrive dans un restaurant, ma clef à la main. Je raconte mon aventure à des convives, assis à la première table près de la porte, dont les vitres sont dépolies à hauteur d'homme. Faut-il retourner et avertir? Si L'incendie se déclarait pendant l'étude! « Mais non, me dit-on, laissez donc. » On me demande ensuite : « Qui surveille Tétude?— C'est D... — Eh bien, je vous garantis

que, si Tincendie se déclare, il sauvera ses élèves. D'ailleurs, ils sortent à 8 h. 1/2. -^ Oui, mais supposez que Tincendie se déclare à 9 h. 1/2, quand les internes seront couchés, jl;^le au dessus ! » On arrive à me persuader de ne pas me dénuiger. Je m'assieds et je mange.

Je sui^ dans mon lit, dans ma chambre de Dijon. J'ai mis le g-rde-feu devant la cheminée, et je suis couché, regardant ia Manime. Au lieu de s'éteindre, elle grandit; au lieu de passer par la cheminée, elle passe dans la chambre, d'aLord en longs filets de fumée blanche, où luisent çà et là des flninmes bleues; puis, peu à peu, c'est la flamme rouge qui s'allonge à partir des bûches. Je voudrais me lever, je ne ptHix pas, et je me dis : « C'est l'asphyxie. » Et je pense aux lycéens qui dorment sous l'incendie, etc.

Origine du rêve. « Un de mes amis a failli s'asphyxier il y a quelques jours. Hier soir on a sonné au feu dans ma rue. »

r/f st encore un rêve à répétition formé de deux sccrrs ayant le même motif. La deuxième scène présente simplement le développement de la peur : le dormeur s'est substitué spontanément à son ami qui a failli s'asphyxier, et il s'asphyxie à son tour en rêve. La première scène montre une recherche sponianée de moyens : d'abord, ayant causé un incendie, le rêveur s'enfuit; mais il songe ensuite au danger qui peut résulter de l'incendie pour les élèves du lycée, et la recherche des moyens de parer à ce danger devient la recherche des moyens d'échapper à la responsabilité : par un sophisme moral comme le rêve n'est pas seul à en fournir des exemples, il se rassure, et se persuade que les choses ne tourneront pas au tragique, en imaginant qu'un sauveteur est tout prêt pour le cas oîi le danger deviendrait grave, et que d'ailleurs il n'y aura peut-êlre pas besoin de sauveteur. Il faut remarquer aussi l'extériorisation de ces considérations rassu-

rantes; ce n'est pas le dormeur lui-même qui essaie de justifier sa négligence et sou inerlie, il attribue cette justification à ses camarades de restaurant.

Cette recherche des moyens sous Tinfluence de la peur apparaît aussi dans les rêves d'enfants, comme le montrent les rêves suivants de ma fille Cécile :

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