Maury, Le sommeil et les rêves, ch. iv
22i LE DÉVELOPPEMENT SPQNTANÉ DES IMAGES
immédiatement qua ce n'est pas une perception : ce sont là des hallucinations lucides. Dans les autres, il est dupe, au moins un 'moment, de sa fausse perception : ce sont là de véritables hallucinations, i
Cestune hallucination du premier genre que décrit Maury dans ce passage : « Je lisais à haute voix le Voyage dans la Russie méridionale^ de llommaire de Hell. A peine avais-je fini un alinéa, que je fermais les yeux inslinctivement. Dans un de ces courts instants de somnolence, je vis hypnagogiquement, mais avec la rapidité de Téclair, Tirnage d'un homme vêtu d'une robe brune et coiffé d un capuchon comme un moine des tableaux de Zurbaran. Cette image me rappela aussitôt que j'avais fermé les yeux et cessé de lire ; je rouvris subitement les paupières, et je repris le cours de ma lecture. L'interruption fut de si courte durée que la personne à laquelle je lisais ne s'en aperçut pas*. » La plupart des hallucinations hypnagogiqûes de Maury sont de ce genre. « Les hallucinations hypnagogiqûes, dit-il, constituent les éléments formateurs du rêve. Il y a toutefois cette différence que, dans l'état intermédiaire entre la veille et le sommeil, l'-espi'it garde encore pleine conscience de soi, il ne croit^^pas à la réalité des images ou des sensation? fantastiques; il se sent, il se possède, bien que l'étrangeté des hallucinations puisse parfois le troubler ou l'effrayer* ».
On trouve un peu plus loin des exemples d'hallucination plus complète, ce Un jour, me trouvant sur Timpériale d'une diligence qui me conduisait à Strasbourg, faligué d'une nuit passée en voiture, je m'assoupissais