‹ Le rêve: études et observationsChapitre 104 sur 136 · OBSERVATION LXXXIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXXXIII

De F, C, — Je rêvais que j'étais dans un boi^, ^eul, avec un grand chien blanc à taches jaunes qui appartient t Tun de mes oncles. Le temps était sombre. Je débouchuift du bois, et un paysage que je connaissais se déroula devant mes yeux: c'était la vallée du petit village d'A..,, sur la ligne d'Arvant à Béziers, où je suis resté huit jours pendant les vacances dernières. Seulement le paysage que je me représentais n'était pas tout à fait exact. Ainsi la route de Miirvejols à Saint-Flour, au lieu de passer dans la vallée^ esciiladait les montagnes et semblait monter jusque dans les nuages. Je rencontrai un brave Auvergnat, à qui je demandai la route d'un village voisin. Il m'indiqua un chemin de traverse où je m'engageai. D'énormes blocs de pierre noirâtre se trouvaient sur cette route. Je les contournais, mais brusquement le chemin cessa : il était coupé par un profond ravin. Peu désireux de risquer une chute, je me retournai brusquement, et me réveillai.

11 y a dans cette observation quelques d<?lailï^ qui ne s'expliquent pas par le simple développement de la première image, notamment la route qui a changf3 sa direction ordinaire, escalade les montagnes et se perd dans les nuages. Celte modification du souvoTiir provient sans doute de ce que l'image d'un paysage de montagne a pu se déformer en raison d'une vague émotion de peur. La trace de cette émotion de peur se retrouve aussi dans le profond ravin, dont la vue détermine la retraite du promeneur, et son réveil. De plus,

2)0 LE DÉVELOPPEMENT SPOiNTANÉ DES IMAGES

rimage du chien, au début, n'est pas expliquée. Toutefois, on comprend suffisamment Tenchaînement des événements : promenade dans un bois, aboutissement à une vallée connue, rencontre de l'Auvergnat, etc.

Voici encore un tableau de rêve qui présente une succession analogue d'images dont chacune est appelée par la précédente :

OBSKRVATION LXXXÏV

Je suis momentanément cocher d'un tramway à chevaux. Mon tramway a déraillé : j'ai l'impression que c'est par suite d'un acte de malveillance. Avec l'aide de plusieurs personnes, je le replace sur les rails, puis sur une plate-forme tournante, et ainsi nous lui donnons de nouveau la direction qu*il doit avoir.

Parfois un souvenir de la veille se reproduit d'abord d'une manière fidèle, puis entraine une autre image qui développe la première.

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