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2. Cf. Delage, La nature des images hypnagogiques et le rôle des lueurs entoptiques dans le rêve. Bulletin de l'Institut général psychologique, J903, p. 235-247.

UÉVES VISUELS, TACTILES, ORGAJÎIQUES 2^3

OBSEftVATÏOÎV cm

De J. C... — Je rêve que ;e suis à la chasse, et, m'étant suûs doute UQ peu éveillé, je me dis : u Maisjo suis dans « mon lit, je ne suis pas à la chasse. Pourtant je sens bien <A mon fusil dans ma main, )> Pour m'en rendre compte Je fis avec la maiu le tour de la crosse. Subitement îl me vint cette pensée : je suis dans mou lit, mais j'ai en mains un lusil; c'est ma carabine Eurêka, qui est pendue au mur. Satisfait de celte explication, je posai la carabine le long du bois de lit. Quand je fus réveillé complètement, je via que mon bras et ma main étaient posés sur le bois de lit, et c'est cette sensation qui avait provoqué mon rêve.

Le travail d'interprétation de la sensation, dans cet <5tat de dcnii-réveil, n'est pas tout à fait automatique : il s'y môle de la réflexion et du raisonnement. Cependant la sensation tactile du bois de lit évoque Timage tactile d'une crosse de fu^l et constitue avec elle un tableau perceptif qui se complète pai" des irtinges de chasse; puiSj ce tableau n'obtenant pas une adhésion sans réserve de Tespril, parce que le sommeil n'est pas assez complet et que l'observateur se rend compte qu'il est dans son Ut, une nouvelle image constitulive se substitue à la précédente et forme un nouveau tableau.

Les rêves d'eau ne se rapportent pas toujours au besoin d'uriner, comme Ta soutenu Seherner, mais Us peuvent provenir d'une sensation tactile causée par la sueur.

OBS&aVATION CIV

I>e E. M.,.~ Je résume cette obi^ervation potir en dégager seulement les tableaux perceptifs. Le dormeur rêve qu'il est sorti du lycée, un di[nanclie matin, quHlse promène sur le bord de la Loire, avec sa jeune sueur, que, passant sur

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une planche étroite, il entre dans un grand bateau amarré pn^s du quai. « J'y étais à peine que le bateau se mil à fendre Teau avec une vitesse effrayante en s'éloignant du bord... Je voulais m'élancer dans Teau, qui était trouble comme un jour de crue, mais une force invincible me retenait immobile. Le bateau venait de pénétrer sous une des arches du pont du chemin de fer, mais cette arche se continuait en une sorte de grotte d'où s'échappait un violent mugissement. L'eau était agitée et noire. » Un peu plus loin, le dormeur se réveille et s'aperçoit qu'il est couvert de sueur. Il se rendort, et le rêve recommence. « Je n'étais plus dans un bateau couvert, mais sur une petite barque de pèche. Ma sœur était assise au bord du bateau... Des oiseaux de toutes sortes vinrent voltiger autour de nous : je remarquais surtout des martins-pécheurs, des mouettes et des canards sauvages,.. Je pris mon fusil et tirai, mais je n'entendis pas la détonation. J'en fus fort surpris en voyant tomber une quantité d'oiseaux, mais aucun d'eux n'était mortellement atteint. Alors le chien (qui figurait dans une scène précédente) reparut. Je ne le vis pas se jeter à Teau, mais sa tète apparut tdîit à coup à la surface, et il se mit à poursuivre un superbe canard. Dès qu'il était smv le point de l'atteindre, l'oiseau plongeait et allait sortir quelques mètres plus loin. Le chien essayait aussi de plonger, mais ne parvenait qu'à se mettre la tète dans Teau. Ma fceur s'amusait de regarder cette poursuite : pour mi^ux voir, elle s'était agenouillée au bord de la barque et se penchait en avant. Le canard, toujours poursuivi, était venu se réfugier au bord de la barque. Ma sœur voulut le saisir, mais fôt entraînée et je perçus un bruit ressemblant à celui d'nn corps qui tombe à l'eau... Je me jetai à l'eau la tête la première. Cette eau élait tiède et je m'y trouvais très bien : je nageais sans fatigue et respirais sans avaler d'eau. Je sentis la robe de ma sœur, je la saisis et me mis à nager vigoureusement. 11 me sembla que je nageais longtemps. Tout à coup je me trouvai au bord de l'Allier, assis sur la berge, tout mouillé. Ma sœur aussi était mouillée, mais ne paraissait nullement fatiguée de son séjour 5ous l'eau et fiait aux'éclats. Il faisait grand jour, etc. »

m":vES visrELS, tactiles, on(;ANiQL:KS 265

Au début dn rôvtîj la sensation de Teau qui coule sur le corps n*évor(uc que des images visuelles, de sorte que les tableaux perceptifs ne sont pas encore constitués, mais l'inirige lactile est déjà sur le point d^apparaître ; le rêveur voulait s'élancer dans Teau, Dans la seconde partie dii rêve, après le premier réveil, ce sont d'aboi'd des images visuelles, mais Tinitige tactile fiûit par apparaître à son tour ; le dormeur se jette à Teau, il la trouve tiède et agréable, il nage sans fatigue, il nage longtemps, il se retrouve assis au bord de TAIlier, tout niouillé- Quant aux images qui encadrent ces images évoquées par la sensation, elles s'expliquent presque toutes. E. M.*, retrouve chaque dimanche matin sa sœur, et il leur ari^îve souvent Je se promener ensemble au bord de la Loire. It avait projeté pour le dimanche précédent une partie de chasse au canard, en batf^an; une circonstance emp^l^cha le projet de se rea- \he]\ mais il s'est réalisé dans le r^'^ve, qui a eu lieu dans la nuit du lundi au mardi suivant, La scène où le chien et le canard plongent dans Teau reproduit, avec un peu de modifications, un ^souvenir de trois semaines : u Mon chien avait pris une poule d'eau vivante cl allait la déposer sur le bord du ruîsspïiu quand elle lui échappa et plongea pour sortir de Teau plus loin; le chien plongea à son tour sa tùte dans l'eau à Tendroit où il avait vu le gibier entrer, et cela a plusieurs reprises. » La construction de ce rêve s'est donc bien elTectuée de ta mt^me manière que celle des rêves auditifs.

Voici maintenant une observation dans laquelle c'est une sensation de froid, unie à une sensation musculaire, qui provoque la formation du tableau perceptil\

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