GOD NOW
(mettez-vous en bons termes avec Dieu maintenant). Je pi'ends le train pour me rendre à Portli. Là, je demande un ministre dont on m'a donné le nom. On m'indique sa chapelle. En interrogeant les gens autour de la chapelle, j'apprends que le ministre demeure non à Porth. mais à Ynyshir (la dernière station avant Porth, entre Porth et Tylorstown). Je pars à pied pour Ynyshir qui n'est pas très loin. A Ynyshir, je découvre la maison du ministre, mais pour y recueillir cette information que le révérend est parti pour Londres. C'est décidément un peu loin pour aller Vy chercher. Je reviens à pied d'Ynyshir à Porth, Ces pérégrinations pédestres ont l'avantage de me faire bien connaître laRhonda Valley et voir de près ces villages ou petites villes de mineurs, mais comme il pleut de temps à autre et qu'il faut tout le temps patauger dans une boue noirâtre, cela manque parfois un peu dagrénient et finit même par devenir un peu déprimant à la longue. A Porth, après m'être restauré à un hôtel de tempérance, je cherche à savoir où a lieu le meeting du soir. Impossible de le découvrir avec certitude. Après avoir erré, surveillé deux églises qui m'ont été indiquées comme susceptibles d'être le théâtre d'une réunion, constaté que lesdites chapelles ne s'illuminaient pas et ne s'ouvraient pas, et que nul attroupement ne se produisait, ne voulant pas perdre ma soirée, je me décide à reprendre le train pour Tylorstown, car je sais per-
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tinemment qu'il y a là une réunion à sept heures, dans la chapelle Eben-Ezer.
Près de la gare de Tylorstown, se tient un meeting en plein air. J'entends un orateur qui parle ou prie en plein hwyl. Puis la parole s'arrête et un chant commence. Longtemps, je suis accompagné par le chant du Pen Calfaria. Ces voix galloises portent loin, et j'ai beau marcher, le son n'a pas l'air de diminuer ; ces notes cristallines et limpides montent dans la nuit et me suivent jusqu'à mon entrée dans Eben-Ezer. Peu à peu la chapelle s'emplit. Après plusieurs couples de prières simultanées, le président, qui doit être un ministre, demande aux assistants de rendre leur témoignage en citant un verset de la Bible ou une strophe de cantique. Plus d'une cinquantaine de voix répondent successivement à cet appel : hommes, femmes, jeunes filles, enfants... Mais je suis obligé, par l'heure qui s'avance, de m'en aller avant la clôture pour ne pas manquer mon train.
Jeudi, 27 avril. — Assisté le matin de bonne heure à la réunion de prière au fond de la mine de Penrhi^v. Je la raconterai plus loin. Dans l'après-midi, je rentre à Cardiff, Je me dirige le soir vers le Tabernacle, pour assister à mon dernier meeting. Ce n'est pas sans une certaine mélancolie que j'y entre. Je me suis si bien habitué à cette atmosphère fervente que je suis triste à la pensée de quitter tout cela... Le Tabernacle se remplit peu à peu. C'est la plus belle réunion que j'aie vue à Cardiff. Mais, est-ce parce que Cardiff est à demi-anglais? les réunions y sont tout de même moins enthousiastes qu'à Aberaman, Aberdare, Ferndale... Elles durent moins longtemps. Commencé à sept heures et demie, le meeting est terminé à dix heures moins un quart, et bien des gens sont partis avant. L'anglais prédomine : les prières et allocutions sont presque toutes en anglais. Quand Sidney Evans parle, il parle en général plus longtemps en gallois qu'en anglais, mais il traduit ou résume
en anglais ce qu'il a dit en gallois. Je suis tout heureux de tout comprendre et, par effet rétroactif, cela m'aide à comprendre mieux ce que j'ai vu et entendu aux endroits où l'on ne parlait que gallois.
Sidney Evans et Jenkins n'ont pas beaucoup d'extérieur. Ils imposent moins par leur apparence non seulement qu'Evan Roberts — cela va sans dire — mais même que Dan Roberts ou Miss Maggie Davies. Sidney Evans n'a rien dit de très saillant. Il est intervenu plusieurs fois pour faire de très courtes allocutions de quelques minutes, dans le genre de celle-ci : &. Tout ce qu'on dit dans la réunion (et ailleurs), il » faut le dire pour glorifier Dieu. L'objet principal doit être » de glorifier Dieu. . . » « Il faut être des duplicata de Christ. . . » Puis des appels à venir à Christ. — Mais il n'a pas eu un seul mouvement proprement oratoire, pas une seule anecdote. Evidemment ce n'est pas par l'éloquence que ces revivalistes tiennent leur monde. C'est par leur pouvoir spirituel, par leurs prières, par leur consécration entière à Christ, par leur jeunesse, par leur laïcité — ils ne sont ni pasteurs, ni professeurs de théologie, ni étudiants — par leur simplicité : leur simplicité est grande; de tous ceux qui prennent part aux réunions, ce sont ceux qui s'enflamment le moins, qui élèvent le moins la voix. Et l'on s'étonne que l'influence et la popularité de jeunes gens si simples, disant des choses si ordinaires, soit telle que les foules accourent et se pressent dans les chapelles dès que leur présence est annoncée.
Ce soir, les témoignages sont spécialement beaux et touchants. Plusieurs orateurs ou prieurs font allusion au fait que l'on a dit ou que l'on a cru le Réveil fini, et protestent contre cette insinuation. Effectivement, il semble que le Réveil commence ou recommence à Cardiff. Plusieurs allusions sont faites au « glorieux meeting » de hier. Sidney Evans et Jenkins restent à Cardiff jusqu'à Dimanche inclusivement. C'est dommage que je sois obligé de partir. Il y a
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une allocution qui menace de trop durer et de devenir... rasante. On lui applique la « clôture musicale. »
Le meeting est mis à l'épreuve de la manière habituelle. Lorsque Sidiiey Evans presse les inconvertis de venir à Christ, du haut de la galerie retentit un : Fn voici un, suivi d'un Diolch iddo chanté par l'assemblée ; puis un : En voici un autre, toujours suivi du Diolch iddo. î^e a corps » du Tabernacle est en somme presque rempli de chrétiens ou de gens qui professent l'être. Les incrédules sont dans les galeries. Sidney Evans conseille aux ouvriers chrétiens (Christian workers) de ne pas discuter aA^ec les incrédules, de témoigner, d'attester, de montrer la vie qui est en eux, de prier. Au premier rang de l'assemblée, une femme désire se convertir, n'arrive pas à se décider. Un chrétien, qui est à côté d'elle, prie à haute voix pour elle. Elle ne se décide toujours pas. Le meeting arrive à sa fin. Elle ne bouge pas. Et le chrétien reste, lui aussi, assis à côté d'elle
à lui parler, à l'exhorter Elle a amené ses petits enfants
avec elle, et les petits restent là, eux aussi, témoins de ces luttes, de ces prières, de ces conversations de leur mère avec le chrétien qui la presse de se convertir.
Je touche la Tmain au Principal Edwards avant de sortir. Mais il est tellement entouré et occupé qu'il n'a pas le temps de songer beaucoup à moi. Il est décidément beaucoup plus difficile d'approcher et de voir longtemps les meneurs du mouvement dans les gra.ndes villes (Liverpool, Cardift) que dans les petits endroits.
Et. voilà la fin ! J'espère avoir vu et compris l'essentiel, bien qu'assurément si j'avais su le gallois, j'aurais pu recueillir davantage. Fasse Dieu maintenant que je profite de ce que j'ai entendu et vu pour être un chrétien plus fidèle et plus fervent !