G11ET.IE
Monsieur Wojsting, je vous en supplie... faites qu'il renonce à elle... Il ne peut pas en faire sa femme... Si le bon Dieu permettait ça...
WILLEM, calme.
Ne compte pas sur moi [)our intervenir. Annette appartiendra à l'homme ([u'ellc aime et dont elle est aimée. ' .
'gretje.
Non, non! Une abomination pareille ne se commettra pas.
WILLEM
Ce qui se passe entre eux te révolte, bouleverse ta conscience, je le comprends. Mais tâche de comprendre à ton tour que quand deux êtres se sont choisis et promis l'un à l'autre, personne n'a le droit de les désunir.
GRETJE, âprement.
Le droit?... Moi, j'ai celui de défendre mon enfant. Car Annette est mon enfant! C'est moi qui l'ai élevée, moi qui l'ai nourrie! Elle est à moi, vous entendez !... Et je ne la laisserai pas souiller par son père!
WILLEM
Gretje !
GRETJE, élevant la voix.
Oui, par son père!... Elle a beau ne le connaître que depuis un mois, elle est quand même sa fille, la chair de sa chair!
WILLEM
Tais-toi, elle peut entendre.
GRETJE.
Qu'elle entende! Ça m'évitera de la prévenir.
WILLEM
Allons donc, tu n'oserais pas!
GRETJE.
Moi? Je révélerai sa naissance à toute la colonie, s'il le faut!
W;iLLEM.
Tu ne feras pas ça non plus... Tu ne trahiras pas la confiance de ton maître.
GRETJE.
Aussi vrai qu'il y a un Dieu... Je le dénoncerai aux autorités!...
WILLEM
Jure-moi, jure-moi sur ton salut que tu n'as pas encore parlé ?