SCENE IV Les Mêmes, BEREND
BEREND, entrant par lo fond.
Qu'y a-t-il?
WILLEM
Il y a que cette femme t'est dévouée au point d'avoir voulu ruiner ton bonheur.
BEREND
Qu'a-t-ell6 fait !
WILLEM
Elle a clabaudé ton secret... Averti le missionnaire qu'Annette n'était pas ta filleule.
BEREND, irrité.
Gomment?... Tu as osé?
GRETJE, avec une convictioa puissante.
C'était mon devoir! oui, mon devoir, de mettre ol)stacle par tous les moyens possibles à l'infamie que vous allez commettre ! Puisque vous n'avez pas eu pitié de votre enfant, c'est notre pasteur qui la défendra contre vous!
BEREND
Ha! Tu as fait de la belle besogne!
WILLEM
Ce vieux cagot va venir nous faire de la morale !
BEREND
Il est capable de prévenir Annette!
GRETJE.
La prévenir ?... 'Ah, pourquoi n'ai-je pas eu le courage de le faire moi-même?... Dieu veuille qu'il le fasse!... Il vous empêchera de commettre un crime!
BEREND
Si tu crois que c'est cet imbécile qui m'empêchera d'agir à ma guise, tu te trompes.
GRETJE, désignant Willem,
Ah! Sans cet homme qui vous a perverti et pourri, cœur et âme, vous ne parleriez pas comme ça, monsieur Berend!... Vous n'agiriez pas comme ça!... Vous aimeriez mieux vous tuer.
WILLEM, sarcastique.
Beau dénouement!... Et tu regrettes qu'il ne l'adopte pas, hein?
GRETJE, menaçante.
Ça vaudrait mieux que de vivre dans le crime... et de vieillir dans le remords...