‹ Le réveil, pièce en trois actes, en proseChapitre 21 sur 131 · ACTE I, SCÈNE X 4I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X 4I

livre. J'écoutais ce défilé de vos ancêtres assassinés sous la couronne. Je me représentais qu'en voulant la ressaisir vous aviez aussitôt rencontré le guet-apens. Pour chaque revendication que vous avez proférée, pour une lettre parue dans quelque journal d'Europe, bref, à vos moindres actes de prétendant, je me rappelais que vous aviez été assailli de nouveau, manqué, traqué encore, blessé enfin dans ce voyage d'Algérie où vous goûtiez l'oubli de la politique. C'était de quoi me préparer l'esprit à une vision qui m'arracha un cri. Cette pièce était faiblement éclairée. Votre fils, pour lire, se trouvait sous une lampe. Je le crus voir ainsi marqué, parmi nous, d'une auréole, comme les martyrs. Je me dressai pour lui faire arrêter sa lecture. Je ne pouvais plus supporter que tant de détails atroces, que ces acharnements d'un couteau de boucher, nous en fussions entretenus par celui-là même qui, après vous, monseigneur, assumera sur son corps tout le péril héréditaire.

LE PRINCE GRÉGOIRE

Ahl vous avez entrevu ce destin pour mon fils?... Moi, je refoule toujours les pensées qui

énervent l'action... Laissons cela!... Puis-je vous prier de me conduire auprès de votre bellemère?...

THÉRÈSE

Elle doit s'être promis de vous avoir à elle

toute seule, ici. (Apercevant sa belle-mère à travers les vitres

de la porte du fond.) La voici... Vous permettez, monseigneur, que je vous quitte?

(Elle s*efface pour laisser passer, et sort.)

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